mardi 6 janvier 2009

« Gardez-vous de vendre l'héritage ....»

«Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage
Que nous ont laissé nos parents :
Un trésor est caché dedans.»

Jean De la Fontaine - Le laboureur et ses enfants

Tous les trentièmes jours du mois de décembre depuis que le Répertoire national des Films (National Film Registry)a été créé, il y a plus de c'est au directeur de la Bibliothèque du Congrès que revient l'honneur de sélectionner les 25 films qui feront partie de ce panthéon. Depuis vingt ans, cinq cents titres considérés comme culturellement, historiquement et esthétiquement les plus marquants ("culturally, historically or aesthetically") ont été sélectionnés en fonction de ces critères et considérés comme des trésors nationaux. Le Bibliothécaire du Congrès , James H. Billington indique que tous les meilleurs films dans tous les genres et les styles sont choisis pour produire un échantillonnage des plus significatifs de la production cinématographique américaine. Parmi ceux-ci, "The Asphalt Jungle," "Deliverance," "A Face in the Crowd," "The Invisible Man," "Sergeant York" et "The Terminator" qui couvrent la période de 1910 à 1989 font partie de ce prestigieux palmarès. Ces films ne sont pas nécessairement les meilleurs films ni les plus populaires mais sont les plus représentatifs de la culture et des tendances de leur époque.

Ce répertoire «reflète l'extraordinaire créativité du peuple américain depuis l'arrivée du septième art dans les années 1890 » rappelle Billingtonest et est d'autant plus indispensable que déjà le pays a perdu la moitié de la production datant de la période précédant 1950, faute de moyens préventifs mis en place pour préserver les bandes d'acétate qui se sont détériorés avec le temps.Il est aussi un outil éducatif pour les générations à venir et permet à la nation de saisir la grande diversité du patrimoine cinématographique produit par ses artistes et créateurs».

C'est au Bibliothécaire du Congrès que revient le privilège de prendre la décision finale pour le choix des titres qui lui sont proposés par un comité d'experts du National Film Preservation Board et des memebres de la division des ressources cinématographiques du Library of Congress.

Depuis Septembre 2008 en vertu du "Library of Congress Sound Recording and Film Preservation Programs Reauthorization Act" chaque titre répertorié est assuré d'être conservé au Packard Campus.

À lire December 30, 2008
Cinematic Classics, Legendary Stars, Comedic Legends and Novice Filmmakers Showcase the 2008 Film Registry


Publié par © My Loan Duong, MLS McGill

mercredi 24 décembre 2008

Le bonheur selon Aristote

«Dans le malheur, les amis satisfont plus à un besoin, puisqu’il faut à ce moment des amis utiles. Mais il est plus honorable d’en avoir dans le bonheur.» (Aristote)

Il est un fait connu depuis longtemps dans les milieux médicaux que les personnes bien entourées résistent plus positivement aux problèmes de santé graves. Il est aussi confirmé que les personnes vivants en couple ont une longévité supérieure que ceux qui vivent seuls. L'impact d'un bon et solide réseau social et affectif est un facteur prouvé dans le phénomène de résilience. Et pourtant, une étude menée par Nicolas Christakis, professeur en science sociales de l'Université Harvard et et James Fowler de l'Université de Californie à San Diego, publiée dernièrement dans la revue médicale British Medical Journal a fait grand sensation. Dans la rubrique «Science» de Times magazinedu 22 décembre 2008, sous le titre The Happiness Effect, Alice Park souligne que c'est la première fois qu'une étude, menée sur une période de vingt années sur un échantillonnage de 5000 personnes et de plus de 50 000 liens sociaux et familiaux faisant partie de leur environnements: parents, amis, collègues, etc...portant sur le bonheur a établi aussi clairement la relation entre le bien-être et la santé d'un individu et le réseau social auquel il a accès.

Car le bonheur n'est pas seulement un état émotionnel, cette étude a introduit un nouveau paradigme comme quoi le bonheur agit de la même manière qu'un virus. Il se communique entre les gens et plus on a des contacts avec les gens heureux, plus grandes sont nos chances d'en attraper. Il est ainsi démontré que si vous avez un ami heureux, la probabilité que vous soyez heureux aussi est de 15% plus grande que ceux qui n'en ont pas. Pour ceux qui ont des amis qui ont des amis heureux, la probabilité d'être touché par la grâce est de 10% supérieur que ceux qui n'en ont pas et pour ceux qui ont des amis qui ont des amis qui ont des amis heureux il y une probabilité de 5,6% .
Bref, le « happy trail » ou la chaîne du bonheur se transmet de la manière d'un virus. Plus vous côtoyez de gens heureux, plus vous avez de chance de l'attraper.
La nouveauté dans cette recherche est qu'elle soit publiée dans une revue médicale et non dans une revue de sciences sociales. Elle introduit aussi un nouveau paradigme dont il faut désormais tenir compte dans toutes les recherches portant sur la santé publique en mettant en relief l'impact des réseaux sociaux qui, mieux que l'environnement physique peut influencer sur l'état mental et psychologique des personnes. Les mêmes auteurs ont d'ailleurs publié une étude portant sur l'obésité qui montre clairement cette corrélation entre le réseau social et la maladie en démontrant comment l'obésité voyage aussi à travers le cyberespace. Ici aussi, les probabilités sont de 57% plus grandes si on a un ami obèse que dans le cas contraire. Même observation pour ceux qui veulent lâcher la cigarette. Si vous décidez d'arrêter de fumer et vous avez des amis qui ont quitté de fumer, joignez vous à eux, vous aurez 30% de plus de chance d'atteindre c votre objectif que si vous avez seulement des amis fumeurs.

En fait «le bonheur pourrait être conçu avant tout comme une activité, celle de la propagation de soi dans ses propres actions» *. La constitution américaine en reconnaissant à l'individu le droit à la poursuite du bonheur entérine cette pensée qu'Aristote avait émise il y a plus de quatre cents ans avant Jesus Christ selon laquelle « le bonheur doit être conçu avant tout comme une activité, celle de la propagation de soi dans la contemplation de ses propres actions [...] Les amis sont donc nécessaires à l’exercice même de la vertu et à l’expression de sa nature, selon une dialectique de la puissance et de l’acte.»

Sur ce, bonne année 2009 à tous, beaucoup d'amitiés et de bonheur autour de vous !


*Site de Didier Molinier

À lire aussi: Pourquoi L'Ethique ? La Voie Du Bonheur selon Aristote de Hair Howard ( Harmattan - Collection : Ouverture Philosophique, 2003)
Le bonheur est contagieux de Mathieu Perreault , La Presse, Actualités, p. 5,23 décembre

Publié par © My Loan Duong MLS, McGill
24 décembre 2008

jeudi 4 décembre 2008

Booksmag : revue française WEB 2.0 de livres


Booksmag. On peut se demander pourquoi donc ce nom anglais? Cette revue de livres bien que française à 100 pour cent qui a pour titre Books dans sa version imprimée s'adresse surtout à un lectorat francophone mais sa fracture est définitivement internationals puisque qu'il porte comme sous titre dans les livres du monde . Mais ceci justifie t-elle qu'il faille utilser cette franca lingua qu'est l'anglais? Créé Olivier Postel-Vinay, journaliste littéraire, Books est une entreprise indépendante qui veut « mettre à la disposition d’un public exigeant les idées susceptibles d’éclairer le sens de l’aventure humaine dans un monde en mutation rapide». Books est un média sur deux supports, la version numérique qui porte le nom de de Booksmag.fr est disponible pour les abonnés . Ce site qui accompagne le magazine en format papier a pour ambition selon l'équipe éditoriale « d’éclairer l’actualité en exploitant les livres qui paraissent dans le monde entier». L'équipe éditoriale entend porter à l'attention de son public «les meilleurs articles parus à propos de ces livres dans la presse internationale. Ces articles « sont des articles de haut niveau dans le fond et la forme, écrits par des spécialistes compétents ».

A première vue, BooksMag se situe entre le célèbre magazine Lire avec en plus son site interactif et entre Livre-Hebdo, l'hebdomadaire qui est aussi consultable en version électronique. La revue qui en est à ses deux premiers numéros, présente un site de format résolument WEB 2.0 avec toutes les spécificités et les caractéristiques qui l'accompagnent. Un nouveau livre est y présenté à chaque jour dans une section de veille intitulée «Booksbuzz» tandis que la section Booksactualité donne des informations sur les meilleures ventes du monde entier grâce à des informations sur les bestsellers, sur les derniers évènements ou faits , bref sur tout ce qui touche l'actualité sociale et littéraire comme politique ou économique. Une section blog permet aux auteurs de faire part de leur points de vue et de s'exprimer et de discuter sur tous les sujets chauds. Un agenda présente et fait connaître les évènements artistiques ou culturels dans une section de blogs intitulée «Booksblogs». Les Wikis ne sont pas oubliés avec des articles par les meilleurs experts dans «Wikigrill». Dans le numéro du 15 décembre 2008, diffusée sur YouTube, Marianne Péron-Doise, spécialiste des questions de sécurité en Asie au ministère de la Défense, présente une analyse intéresssante la situation politique nord-coréenne.

Un bulletin hebdomadaire permet aux abonnés de se tenir informés des nouveautés du site et donne le sommaire du magazine.

Le coût de l'abonnement annuel qui comprend 10 numéros est de 55 euros pour le Canada.

Publié par © My Loan Duong

samedi 29 novembre 2008

Qui a peur des blogs?

«La plus grande richesse, le plus grand pouvoir que nous possédons réside dans la connaissance. Ce n’est pas un hasard si toutes les nations de ce monde qui désirent sauvegarder leur compétitivité sur les marchés internationaux disposent d’un plan pour encourager l’éducation et l’innovation.» Sur la page d'accueil d'Anima - Conférences et formations , un jeune organisme lancé par Nicolas Sarrasin* qui offre des formations sous forme d'ateliers et de conférences pour aider les organisations et les travailleurs de s’améliorer et de « faire la différence », ces propos rappellent l'importance du coaching dans les entreprises pour aider à tous et à chacun d'améliorer leur performance et de développer leur potentiel.

Les temps et les façons de faire ont changé depuis une décennie, « dans une société [..]passée de l'ère de l'information à celle de la création» pour reprendre < Vincent Tanguay, dans un des derniers numéros de décembre 2008 de la revue Direction Informatiqque, vice-président Innovation et transfert, région de Québec, au Cefrio, les organisations sont plus que jamais devant le défi d'intégrer ces jeunes de la génération «Y» née à l'ère de l'internet qui commencent à prendre d'assaut le marché du travail. Ces cohortes de jeunes travailleurs et professionnels ouverts aux outils technologiques du WEB 2.0., auront de la difficulté de d'adapter au moule culturel et aux façons traditionnelles de faire de l'organisation. L'enjeu pour celles-ci est de savoir se transformer, à s'adapter aux nouvelles façons et à cette « philosophie particulière quant à la gratuité des contenus, des services et des applications disponibles sur Internet.»

« Le conseiller juridique m'a fortement déconseillé de créer un blogue »

Si les environnements organisationnels tardent à s'y faire, ce n'est pas seulement en raison de l'accélération effrénée des moyens et des techniques de communication. D'autres facteurs expliquent cette réticence des administrateurs à utiliser cet outil de communication trop libre ou trop ouvert par crainte de dérapage poss. Une chose est certaine, les blogues dérangent. Dans le bulletin mensuel University Affairs /Affaires universitaires des mois Aout-Sepembre 2008 de l'Association des universités et collèges du Canada, l'auteur de l'article Presidents who blog (p.26), Daniel McCabe nous apprend cependant que petit à petit, lentement mais sûrement, les recteurs des universités commencent à utiliser le blogue pour communiquer avec la communauté universitaire. Ainsi, surpris par la popularité des réseaux de communication sociaux comme Facebook et Youtube, le recteur de l'Université de Guelph, Alastair Summerlee a lancé son blogue et fait dorénavant partie du groupe des trente et quelques recteurs et principaux des universités canadiennes et américaines qui utilisent ce moyen pour s'adresser à ces collègues et étudiants. Il a été agréablement étonné par le nombre impressionnant de réponses et de réactions à ses billets mais note aussi que sa décision ne fait pas plaisir à tout le monde et inquiète notamment le bureau chargé de communication de l'Université. « Le conseiller juridique me l'a fortement déconseillé » ajoute -t-il. Souvent le personnel des communications craint les pièges potentiels de ce style de communication informel qui fait rupture avec la tradition de communication dans les grosses entreprises et les administrations importantes habituées à plus de préparation quand il s'agit de publications ou communiqués provenant des dirigeants.

C'est oublier, n'en déplaise au personnel des communications (qui défendent aussi leurs prérogatives et leurs fonctions), que sans avoir à adopter un ton familier ou « cool », le blogue peut être aussi un outil d'enseignement et de formation. Jonathan Raymond, recteur de l'université Trinity Western tient à ce que chaque article qu'il écrit « soit significatif pour quelqu'un » car les universités n'ont pas seulement pour mission le développement des compétences mais doivent aussi « aider les étudiants à devenir de meilleures personnes ».

Mais les choses changent, observe Vincent Tangay qui apporte un argument de plus aux recteurs branchés: « Si on se compare, par exemple, au Québec d'il y a 15 ans, on est dans un autre monde [...] en 1995, il y avait à peine plus de 250 sites Web ** au Québec [...] Personne aujourd'hui ne pourrait s'en passer au travail : on trouve presque tout sur Internet. Je crois qu'à l'avenir, il faudra amener les organisations à travailler davantage en réseau et que les jeunes, en transposant les technologies qu'ils utilisent dans leur vie courant au travail, vont aider à ce que ça se fasse. Il faut s'occuper des jeunes, les autres vont suivre. »

par My Loan Duong, MLS McGill

* Nicolas Sarrasin, M.A.en littérature est l'auteur, entre autres de l'ouvrage La croissance illimitée Montréal, Éditions Quebecor, 2008, 213 p. Pour Nicolas Sarrasin, un individu peut atteindre son plein potentiel s'il sait développer sa relation avec les autres et faire en sorte que sa réussite professionnelle soit accompagnée d'une croissance personnelle. Cette croissance personnelle l'aidera à affronter les épreuves et les déceptions et à repartir après les échecs. Comment s'y prendre ? A l'aide d'exemples simples et convaincants, Nicolas Sarrasin nous explique sa vision des choses et nous montre comment utiliser nos ressources intérieures pour changer les choses de façcon positive.

** Le site Web de la Bibliothèque de bibliothéconomie a été crée en 1995. Si vous êtes intéressés à savoir comment il avait l'air à l'époque , je vous invite à aller voir dans le billet posté sur ce blogue libellé Wayback ou la machine à remonter le temps

Publié par © My Loan Duong

mardi 18 novembre 2008

Les notices de la Bibliothèque nationale de Chine dans WorldCat


Dans le milieu des bibliothèques comme ailleurs, la Chine continue de s'ouvrir au monde et en duo avec OCLC rend accessibles ses collections millénaires au monde entier
«Worlcat est le meilleur instrument pour partager avec les citoyens du monde les richesses et les ressources de la Chine » a déclaré Zhan Furui directeur de la Bibliothèque nationale de Chine.
Cette collaboration accrue a fait un pas de plus le 28 février dernier avec l'annonce de OCLC à Dublin en Ohio que la plus grande bibliothèque de l'Asie et la troisième plus grande bibliothèque nationale du monde après la Library of Congress et la Bibliothèque nationale de France, va ajouter ses notices bibliotgraphiques dans l'immense base de données de l'OCLC. La bibliothèque nationale de Chine développera un logiciel pour permettre le transfert de ses notices et d'ci la fin de 2008, il est prévu que plus de 1 million et demi de fichiers seront accessibles pour tous à partir du catalogue WorldCat en caractères chinois.
Andrew H. Wang, Vice-président de OCLC Asia Pacific indique qu'il s'agit de fichiers portant sur 5000 années d'histoire de l'Empire du milieu qui sont désormais disponibles pour les chercheurs, historiens et savants dans le monde. Le partenariat de OCLC avec les bibliothèques de la République populaire de Chine a commencé en 1986quand OCLC introduit le système CJK pour cataloguer les documents en chinois japonais et coréen à l'Université Tsinghua et l'accès à FirstSearch devint disposible à plus 100 bibliothèques académiques en Chine à partir des années 90. la collaboration ne cesse de s'accentuer depuis avec notammant l'implantation en 2004, du consortium CALIS (China Academic Library and Information System) à l'Université de Péking, donnant l'accès aux collections électroniques de NetLibrary eBook à 80 bibliothèques chinoises. D'autre part, OCLC a été sélectionné pour être l'hôte de la 4è conférence Chine - États-Unis qui s'est tenue en Octobre 2007 à Dublin en Ohio qui a réuni les sinologues, savants et spécialistes chinois et américains pour échanger et présenter les découvertes et les recherches sur la culture chinoise classique et contemporaine.

La troisième plus grande bibliothèque nationale dans le monde Le périodique Beijing Information, du 11 septembre 2008, informe que la Chine s'est dotée de la 3è plus grande bibliothèeque nationale dans le monde. Le bâtiment, ouvert au public le 9 septembre dernier atteint désormais 250 000 m2, derrière la Bibliothèque nationale de France (Paris) et la Library of Congress des États-Unis (Washington). Débuté fin 2004, ce nouveau bâtiment qui dispose d'une surface de 80 538 m2 abrite des salles de stockage, des salles de lecture, une zone d'exposition de livres anciens et une bibliothèque numérique a coûté 1,22 milliard de yuans (178,3 millions de dollars) au gouvernement chinois. Selon le directeur de la Bibliothèque nationale de Chine, Zhan Furui la Bibliothèeque est maintenant suffisamment grande pour répondre aux besoins d’entreposage des documents pour les trois prochaines décennies. La Bibliothèque qui peut accueillir 8 000 lecteurs chaque jour offre 2 900 places assises, 600 000 livres et des ressources numériques de 200 téraoctets. Une section réservée aux personnes visuellement déficientes permet à ceux-ci de consulter des livres et des fonds de documentation grâce à des ordinateurs contrôlés par la voix.


par My Loan Duong, MLS Ce billet a été aussi est publié dans le bulletin de Corpo Clip, n. 177, nov-jan, 2009

dimanche 16 novembre 2008

Les Bibliothèques jouent un rôle essentiel dans l'apprentissage par Internet

*Les bibliothèques et l’apprentissage sur internet – Rapport final du Groupe de travail de l’ABCR sur l'apprentissage sur Internet (E-learning final report)
Les bibliothèques joueront un rôle-clé dans l’apprentissage sur internet *
Selon les conclusions d’un rapport commandité par l’Association des bibliothèques de recherche du Canada (ABRC)* qui regroupe 27 principales bibliothèques de recherche universitaires au Canada aisi que la BAC (Bibliothèque et Archives Canada), l’Institut canadien de l’information scientifique et technique (ICIST) et la Bibliothèque du Parlement, le rôle des bibliothèques universitaires dans l’apprentissage sur internet serait très significatif. En 2002-2003, l’accès en ligne aux bases de données offertes par les bibliothèques universitaires ont permis à plus de 330 000 étudiants dans les établissements de l’ABRC d’intégrer l’utilisation des ressources documentaires électroniques aux techniques d’apprentissage et de recherche en ligne.
Néanmoins, le rapport constate aussi qu’il y a de place pour l’amélioration de la contribution des bibliothèques universitaires dans l’apprentissage et l’enseignement sur internet au niveau des études supérieures au Canada. Quelques pistes de solution ont été proposées dont une implication plus grande des bibliothécaires spécialistes de disciplines dans le contenu et la conception des cours et dans la prise en charge des systèmes de gestion d’apprentissage. Le rapport recommande aussi aux bibliothèques de rechercher et d'utiliser des ressources à valeur ajoutée pour enrichir leurs fonds, de regrouper la gestion des objets d’apprentissage comme les logiciels bibliographiques et les pratiques d’obtention de licences. Les bibliothèques devraient aussi s’investir dans les politiques d’apprentissage en ligne. non seulement à l’échelon local mais aussi à l’échelle nationale et internationale. Enfin, Lyne Copeland, présidente du groupe de travail de l’ABRC insiste sur le fait que les bibliothèques ont intérêt à intervenir plus activement dans « la conception des systèmes et des services qui répondent aux besoins des chercheurs d’information» et jouer un rôle-clé dans l’apprentissage sur internet
*Les bibliothèques et l’apprentissage sur internet – Rapport final du Groupe de travail de l’ABCR sur l'apprentissage sur Internet (E-learning final report)

par My Loan Duong.MLS McGill

vendredi 17 octobre 2008

SOS : Sondage ou Stratégie ?

Comprendre à partir du «non-dit»

Les sondages utilisés en milieu et dans les corporations pour sonder le coeur des administrer ou à soupeser l'opinion publique ou celle d'un groupe à propos de dossiers comme par exemple les droits de scolarité dans l'enseignement supérieur au Québec, la gratuité des soins ou le virage à droite sont qualifiés de stratégiques. Ils ont leur utilité dans les périodes de flottement ou de changement de direction pour aider des administrateurs nouvellement arrivés à la tête d'une équipe à connaitre les perceptions des employés vis à vis des gestionnaires et, si les experts estiment que leurs méthodologies sont plutôt défaillantes, ils permettent néanmoins détecter dans le brouillard des perceptions et des rumeurs les indices les plus révélateurs de l'humeur du milieu, pour infirmer ou confirmer certaines hypothèses, pour vérifier les «non-dits» et tâter l'opinion du personnel, tout cela sous le couvert d'un certain anonymat. L'objectif? Vérifier la rumeur ambiante et l'opinion des administrés et éventuellement décider, preuves en mains (?) de légitimer ou de désavouer des pratiques et si possible neutraliser ou sanctionner des actions ou des comportements dépendammment de l'option exprimée.

En fait, un administrateur nouvellement nommé doit faire face à ce défi: comprendre le climat organisationnel afin d'évaluer les performances et les compétences de ses administrés. Or comment mener cette enquête sans avoir l'air de discriminer un groupe par rapport à l'autre? Comment interroger les administrés pour connaître leurs opinions sur le personnel alors que ceux-ci ont été nommés par ceux-là ?
Même s'ils sont loin de représenter correctement l'opinion des gens sondés, le taux des réponses ou des silences est aussi très significatif. La règle du jeu: les mots du sondage sont choisis de façon à ce que les gens n'émettent que des opinions positives (on est dans une équipe, n'est ce pas? Même si l'équipe comprend plus de 300 individus répartis dans des dizaines de catégories d'emplois)

Vérifier les perceptions

C'est pourquoi, comme il s'agit ici de vérifier des perceptions, les sondages stratégiques ont leurs limites. Cependant, cela ne veut pas dire qu'ils ne contiennent pas par le truchement des réponses leur part de vérité. Par exemple, les mots choisis délibérément pour éviter toute connotation négative ne sont pas innocents comme on pourrait le supposer de prime abord. Quand on suggère les mots tels que convivial, sympathique ou compétent, à la pointe, innovateur ou excellent pour définir le milieu de travail, il est clair qu'une réponse comme «convivial» conviendrait mieux à un sympathique club social et que les qualificatifs comme «performant» ou «à la fine pointe» répondraient mieux ça qu'il serait tenu lieu d'attendre d'une organisation de haut savoir.

Le sondage stratégique comme outil de gestion de dernier recours?

Les silences ont aussi leur signification. Le taux d'absentéisme peut être révélateur et peut être interprété de plusieurs façons aussi. Du côté du public, ne pas répondre à ce type de sondage est significatif car cela veut dire qu'on se prête pas au jeu et que l'exercice apparait comme futile. Pour le sondeur, utiliser ce type de sondage pour évaluer le climat de travail ou l'humeur du personnel peut être une arme à double tranchant si le taux de réponses ne dépassent pas disons 1/3 des sondés. Car tous ne sont pas dupes et ce jeu de relation publique risque d'être perçu comme «naif» voire, manipulateur, pour rallier les esprits vers cette vision que «tout le monde est beau, tout le monde est gentil» et se révèler... inefficace et contre-productif. Ce faisant, l'administration perd son temps et fait perdre celui de ses subordonnés. Il risque de nuire à la relation de confiance entre sondeur et sondés.

Conclusion : relire Bourdieu

Il serait intéressant de consulter cette analyse intitulée «Les sondages sont-ils représentatifs? Représentatifs" de qui ? De quoi ? Des sondés, ou de l'intérêt des commanditaires des sondages... !» Dans une conférence prononcée le 16/10/1996, commentant le fameux article de Pierre Bourdieu ("L'opinion publique n'existe pas", Patrick Champagne souligne que la notion soit-disant d'"opinion publique" n'est ni plus ni moins ...qu'un instrument politique, un étendard-caméléon que brandissent les groupes d'intérêts (partis politiques, médias, corporations) en donnant l'impression qu'ils s'y soumettent alors qu'ils participent de façon non négligeable à sa construction dans l'élaboration des questionnaires, le traitement des réponses, et l'exploitation médiatique des "résultats".

Citant Pierre Bourdieu, il rappelle les trois raisons qui expliquent pourquoi ces sondages ne servent finalement que les intérêts de ceux qui les commanditent. D'abord, parce que tout le monde ne possède pas un niveau de connaissance assez élevé pour être capable de se prononcer sur des sujets politiques précis et ensuite parce que que tout le monde n'est pas capable d'émettre une opinion » et qu'« en ce sens toutes les positions, et tous les discours ne se valent pas et enfin parce que tout simplement il faut aussi souligner que toutes les questions n'interpellent pas les individus de la même façon.» Chaque question n'ayant pas la même importance pour tous les individus, il n'y a donc pas d'accord du public sur les questions qui lui sont posées.Voilà ce qui n'aura pas l'heur de plaire aux démagogues qui refuteront cette hypothèse pour son élitisme. N'empêche que jusqu'ici ce sont les sondages qui ont confirmé par leur incapacité de donner les bonnes réponses le bien-fondé de la théorie du célèbre sociologue. Pour finir, les auteurs nous invitent aussi de relire le chapitre de P. Bourdieu, "L'opinion publique n'existe pas" dans Questions de sociologie, publié dans Les Éditions de minuit aux pages 226 et 227.

Publié par © My Loan Duong , MLS McGill