Alors qu'au Québec, on est encore au stade du militantisme quand il s'agit de l'utilisation du logiciel libre, Pierre Asselin dans Le Soleil du 26 octobre 2009fait le constat suivant: les villes de Nanaimo, Toronto, Washington D.C., San Francisco et plus récemment Vancouver n'en sont plus à l'étape des intentions.» Alors qu'ici, les citoyens sont encore à demander aux élus de «privilégier les logiciels libres et les standards ouverts lors des appels d'offres et du renouvellement des logiciels» les administrations de ces villes «ont adopté des open motion par lesquelles elles s'engagent à rendre leurs banques de données accessibles aux citoyens partout où c'est possible, à adopter des standards ouverts et à utiliser des logiciels libres de droit.»
Ce retard au Québec a des impacts sur la démocratie participative et le président de L'Association pour l'appropriation collective de l'informatique libre (FACIL), Cyrille Béraud « réclame ni plus ni moins un engagement similaire des candidats aux élections de Québec.» Ajoutant que le recours aux standards ouverts et l'accès des données au public permmettent une gestion plus transparente, il ajoute que: «dans un contexte de crise économique où la question de privilégier l'achat local revient sans cesse, nous voulons rappeler que l'utilisation du logiciel libre crée des emplois localement et renforce la compétitivité des entreprises québécoises»
lundi 26 octobre 2009
lundi 28 septembre 2009
«Google offre un meilleur service de référence que les bibliothèques»
La dématérialisation des ressources de l'information et des connaissances
et la pénétration du numérique dans les métiers de la documentation s'accompagnent parfois de discours partisans dans le monde des politiques publiques. Nous en avons lu quelques-uns ces derniers temps. Ce que les auteurs de ces discours semblent ignorer c'est que les publications en ligne, le «peer-to peer» , les blogs, les widgets, les réseaux sociaux d'échange et l'apparaition généralisée à l'échelle mondaile du WEB dans la vie de travail comme dans la vie de tous les jours ont touché les principes de base de l'accès à l'information. Les sources d'informations et les ressources informationnelles sont devenues potentiellement plus accessibles et plus disponibles. Àl'échelle planétaire, s'est créé un contexte où la recherche collaborative d'informations est devenue une activité redécouverte, mieux maîtrisée et où la dimension collaborative est plus que jamais mise à l'avant.
Il y a une décennie encore, les principales préoccupations des adminitratiions portent sur les équipements ( postes de travail, cablage) et l'infrastructure techmnologique liée au réseauz (serveurs, débits des réseaux). De nos jours, les organisations et les institutions sont concernées par les usages et les usagers qui remettent en question les notions d'utilité et d'usabilité. Force est de constater que les organsiation et les institutions doivent désormais se pencher dans le sens de l'intérêt et des attentes des usagers et la pertinence et la conviviabilité sont devenus maintenant les normes qui définissent un bon moteur de recherche. Bref, l'environnement virtuel avec l'importante percée de la numérisation intégrale et la disponibilité des technologies, la simplification des outils de communication, a crée un contexte où l'activité de recherche est de plus en plus individualisée et les usagers et les chercheurs plus en plus aguerris et autonomes.
Dorénavant, les bonnes administrations sont celles qui réussissent autant à développer des programmes, des outils, des ressources, des partenariats, des expertises qu'à créer un environnement propice à l'activité de recherche collaborative de l'information.
Suite à mes billets sur le programme de numérisation des livres de Google, j'ai reçu de nombreux commentaires des lecteurs de mon blog. Des commentaires sont postés à la suite de mes articles ( Salieri contre Mozart et Ni Cigale, nifourmi, juste Google et les autres), d'autre sont adressés à mon adresse de courriel. Plusieurs proviennent de grands utilisateurs de bibliothèques québécoises et de fins connaisseurs des enjeux du numérique. Leurs réflexions, par leur pertinence et leur acuité, méritent notre attention en tant que bibliothécaires et gestionnaires de ressources d'informations. En voici quelques extraits**:
« Dans tous les changements qui touchent les bibliothèques, je me demande parfois si elles comprennent encore leur vrai rôle... La question de la numérisation occupe trop toutes les réflexions: c'est une technique pour faire une copie des documents qui existent et sont déjà conservés, archivés. Cette technique est de plus en plus parfaitement maîtrisées et de moins en moins en cher, comme le montre Google, même si des problèmes d'archivages demeurent. Mais justement, est-ce que le rôle fondamental des bibliothèques est d'être responsable de la numérisation ou de développer de nouveaux systèmes d'indexation, de cataloguage, de description des contenus?
Les bibliothèques sont encore pris dans une culture du "document", il n'y qu'à vcoir que sur tous les champs qui servent à décrire un livre, un seul (celui des mots-clés) sert à décrire le contenu, et aussi la cote, mais d'une façon extrêment générale. Pourtant, le problème fondamental auijourd'hui, c'est bien celui de l'analyse du et des contenu: la recherche plein texte ouvre un univers totalement différent pour la recherche et permet de lier les contenus et les informations.»
Cette réflexion concerne directement les bibliothécairesa:
«Ce qui est troublant, ce n'est pas Google numérise plus, plus vite, et moins cher et offre même de meilleurs modes de visualisation, c'est que tout en étant un moteur de recherche généraliste, qui cherche dans tout le web, Google est meilleur même pour chercher dans le contenu des livres et des imprimés. Ça, c'est extrêmement troublant pour l'avenir intellectuel des bibliothécaires. Google offre souvent un meilleur service de référence que les bibliothèques.
Je ne comprends pas que les bibliothèques du monde (et ce sont de très importantes institutions qui ont 400 ans d'expérience) ne soient pas à l'avant-garde dans le développement de moteur de recherche avancé,sémantique, dans la recherche des corpus textuels. Les biblios ont une expérience dans l'analyse des contenus, mais elles ne semblent pas s'en rendre compte et fonder sur ce point leur avenir et leur veloppement.»
Sur la BAnQ:
«BAnQ et bien d'autres BN numérisent en mode image mais n'auraient pas les budgets pour faire l'ocr, alors que Google pourrait le faire GRATUITEMENT si elles mettaient leurs collections de pdf accessibles à ses "spiders". Par exemple, je ne sais plus si je vous en parlé, mais dans la recherche avancée de Google, si vous indiquez de chercher uniquement dans le domaine "http://bibnum2.banq.qc.ca/". Vous obtiendrez les occurrences de l'expression cherchée dans les Collections numériques de BANQ, sans que cela ait coûté un seul $ à BANQ!!!
Et BANQ ne l'offre pas sur son site? Cependant, elle offre des index des titres, des auteurs, de certains sujets: cela est vraiment sa tâche, ce type de travail minutieux de description du contenu.
C'est en ce sens, qu'à mon avis, les BN devraient aller: abandonner la numérisation brute à Google, et offrir une plus-value intellectuelle,"sémantique" pour aller au-delà des résultats élmentaires de Google.
La tâche de BAnQ devrait de devenir la spécialiste de la référence québécoise dans l'ensemble des ressources numériques du monde! Library of Congress a mis en ligne des milliers de vieux journaux américains en ligne: une fabuleuse collection où on trouve des dizaines de milliers de "French Canadians": bien ,ça devrait être BAnQ qui les trouve, les classe, les identifie, les "catalogue" et les inclut dans les ressources documentaires sur le Québec et le Canada français. Ça Google ne le fera jamais! Et si Banq ne le fait pas, bien , personne, ne le fera non plus...»
Comme quoi, même si Google numérisait tous les milliards de documents dans le monde, les bibliothécaires du Québec auront amplement encore du plan sur la planche!!!
* Lu récemment sur le blog Bibliothèques=Public : Bibliothèques=Public ces propos: «Quand à mon lecteur qui n'avait pas d'ordinateur personnel et qui souhaitait consulter le livre Une approche de la problématique de l'identité : le Maghreb arabe contemporain de Mohamed Salah Hermassi (2004), la meilleure solution que j'ai eu à lui proposer, paradoxe des paradoxes, c'est de consulter les larges extrait du livre disponibles sur Google Books !!!...»
** J'ai cité intégralement les propos à partir des courriels qui m'étaient adressés. Comme nous le savons tous, les écrits rédigés dans le contexte de la messagerie électronique comportent des fautes d'innattention et autres erreurs mineures. Pour assurer l'intégrité des extraits , je les ai reproduit tels quels.
et la pénétration du numérique dans les métiers de la documentation s'accompagnent parfois de discours partisans dans le monde des politiques publiques. Nous en avons lu quelques-uns ces derniers temps. Ce que les auteurs de ces discours semblent ignorer c'est que les publications en ligne, le «peer-to peer» , les blogs, les widgets, les réseaux sociaux d'échange et l'apparaition généralisée à l'échelle mondaile du WEB dans la vie de travail comme dans la vie de tous les jours ont touché les principes de base de l'accès à l'information. Les sources d'informations et les ressources informationnelles sont devenues potentiellement plus accessibles et plus disponibles. Àl'échelle planétaire, s'est créé un contexte où la recherche collaborative d'informations est devenue une activité redécouverte, mieux maîtrisée et où la dimension collaborative est plus que jamais mise à l'avant.
Il y a une décennie encore, les principales préoccupations des adminitratiions portent sur les équipements ( postes de travail, cablage) et l'infrastructure techmnologique liée au réseauz (serveurs, débits des réseaux). De nos jours, les organisations et les institutions sont concernées par les usages et les usagers qui remettent en question les notions d'utilité et d'usabilité. Force est de constater que les organsiation et les institutions doivent désormais se pencher dans le sens de l'intérêt et des attentes des usagers et la pertinence et la conviviabilité sont devenus maintenant les normes qui définissent un bon moteur de recherche. Bref, l'environnement virtuel avec l'importante percée de la numérisation intégrale et la disponibilité des technologies, la simplification des outils de communication, a crée un contexte où l'activité de recherche est de plus en plus individualisée et les usagers et les chercheurs plus en plus aguerris et autonomes.
Dorénavant, les bonnes administrations sont celles qui réussissent autant à développer des programmes, des outils, des ressources, des partenariats, des expertises qu'à créer un environnement propice à l'activité de recherche collaborative de l'information.
Suite à mes billets sur le programme de numérisation des livres de Google, j'ai reçu de nombreux commentaires des lecteurs de mon blog. Des commentaires sont postés à la suite de mes articles ( Salieri contre Mozart et Ni Cigale, nifourmi, juste Google et les autres), d'autre sont adressés à mon adresse de courriel. Plusieurs proviennent de grands utilisateurs de bibliothèques québécoises et de fins connaisseurs des enjeux du numérique. Leurs réflexions, par leur pertinence et leur acuité, méritent notre attention en tant que bibliothécaires et gestionnaires de ressources d'informations. En voici quelques extraits**:
« Dans tous les changements qui touchent les bibliothèques, je me demande parfois si elles comprennent encore leur vrai rôle... La question de la numérisation occupe trop toutes les réflexions: c'est une technique pour faire une copie des documents qui existent et sont déjà conservés, archivés. Cette technique est de plus en plus parfaitement maîtrisées et de moins en moins en cher, comme le montre Google, même si des problèmes d'archivages demeurent. Mais justement, est-ce que le rôle fondamental des bibliothèques est d'être responsable de la numérisation ou de développer de nouveaux systèmes d'indexation, de cataloguage, de description des contenus?
Les bibliothèques sont encore pris dans une culture du "document", il n'y qu'à vcoir que sur tous les champs qui servent à décrire un livre, un seul (celui des mots-clés) sert à décrire le contenu, et aussi la cote, mais d'une façon extrêment générale. Pourtant, le problème fondamental auijourd'hui, c'est bien celui de l'analyse du et des contenu: la recherche plein texte ouvre un univers totalement différent pour la recherche et permet de lier les contenus et les informations.»
Cette réflexion concerne directement les bibliothécairesa:
«Ce qui est troublant, ce n'est pas Google numérise plus, plus vite, et moins cher et offre même de meilleurs modes de visualisation, c'est que tout en étant un moteur de recherche généraliste, qui cherche dans tout le web, Google est meilleur même pour chercher dans le contenu des livres et des imprimés. Ça, c'est extrêmement troublant pour l'avenir intellectuel des bibliothécaires. Google offre souvent un meilleur service de référence que les bibliothèques.
Je ne comprends pas que les bibliothèques du monde (et ce sont de très importantes institutions qui ont 400 ans d'expérience) ne soient pas à l'avant-garde dans le développement de moteur de recherche avancé,sémantique, dans la recherche des corpus textuels. Les biblios ont une expérience dans l'analyse des contenus, mais elles ne semblent pas s'en rendre compte et fonder sur ce point leur avenir et leur veloppement.»
Sur la BAnQ:
«BAnQ et bien d'autres BN numérisent en mode image mais n'auraient pas les budgets pour faire l'ocr, alors que Google pourrait le faire GRATUITEMENT si elles mettaient leurs collections de pdf accessibles à ses "spiders". Par exemple, je ne sais plus si je vous en parlé, mais dans la recherche avancée de Google, si vous indiquez de chercher uniquement dans le domaine "http://bibnum2.banq.qc.ca/". Vous obtiendrez les occurrences de l'expression cherchée dans les Collections numériques de BANQ, sans que cela ait coûté un seul $ à BANQ!!!
Et BANQ ne l'offre pas sur son site? Cependant, elle offre des index des titres, des auteurs, de certains sujets: cela est vraiment sa tâche, ce type de travail minutieux de description du contenu.
C'est en ce sens, qu'à mon avis, les BN devraient aller: abandonner la numérisation brute à Google, et offrir une plus-value intellectuelle,"sémantique" pour aller au-delà des résultats élmentaires de Google.
La tâche de BAnQ devrait de devenir la spécialiste de la référence québécoise dans l'ensemble des ressources numériques du monde! Library of Congress a mis en ligne des milliers de vieux journaux américains en ligne: une fabuleuse collection où on trouve des dizaines de milliers de "French Canadians": bien ,ça devrait être BAnQ qui les trouve, les classe, les identifie, les "catalogue" et les inclut dans les ressources documentaires sur le Québec et le Canada français. Ça Google ne le fera jamais! Et si Banq ne le fait pas, bien , personne, ne le fera non plus...»
Comme quoi, même si Google numérisait tous les milliards de documents dans le monde, les bibliothécaires du Québec auront amplement encore du plan sur la planche!!!
* Lu récemment sur le blog Bibliothèques=Public : Bibliothèques=Public ces propos: «Quand à mon lecteur qui n'avait pas d'ordinateur personnel et qui souhaitait consulter le livre Une approche de la problématique de l'identité : le Maghreb arabe contemporain de Mohamed Salah Hermassi (2004), la meilleure solution que j'ai eu à lui proposer, paradoxe des paradoxes, c'est de consulter les larges extrait du livre disponibles sur Google Books !!!...»
** J'ai cité intégralement les propos à partir des courriels qui m'étaient adressés. Comme nous le savons tous, les écrits rédigés dans le contexte de la messagerie électronique comportent des fautes d'innattention et autres erreurs mineures. Pour assurer l'intégrité des extraits , je les ai reproduit tels quels.
jeudi 16 avril 2009
Résumé ... trop sommaire ou Salieri contre Mozart (suite du billet Ni cigale ni fourmi...)
Mozart, de son vivant, avait un rival à la cour, Salieri, qui faisait de la bonne musique mais qui n'arrivait pas à la cheville du génie. Salieri, qui était maître de Chapelle, était le favori de l'empereur, contrairement à Mozart moins apprécié . «Trop de notes» disait l'empereur d'Autriche Joseph ll à propos de certaines oeuvres de Mozart, alors que le public et la population en général faisait un triomphe des créations du virtuose. Mais Salieri, lui, savait que son rival était un génie et que malgré l'amitié de l'empereur, il ne pourrait jamais l'égaler. Cela ne l'empêchait pas de dénigrer ce dernier tout le long de sa vie (ce qui n'était pas trop difficile, Mozart avait des symptômes de ce qu'on pense être de nos jours ceux de la maladie de la Tourette, ce qui le rendait socialement moins acceptable) ...tout en rêvant jusqu'à sa mort de posséder une toute petite parcelle de l'immense talent de son rival.
Dans son éditorial Google, les bibliothèques et la revanche de la cigale sur la fourmi publié dans le bulletin Corpoclip (n.178,janvier-avril 2009) Guylaine Beaudry a résumé en quatre points le programme de numérisation des ouvrages des bibliothèques par Google et l'entente adoptée entre les bibliothèques mandataires:
« 1- les bibliothèques prêtent gracieusement à Google leurs collections pour qu’elles soient numérisées, selon une entente non exclusive.2- les fichiers appartiennent à Google mais peuvent être utilisés de façon plutôt contraignante par les bibliothèques 3- Google vend l'accès à ces collections aux individus et aux bibliothèques: 4- Google, les auteurs et les éditeurs se partagent les recettes des ventes. »
En réponse à ce résumé trop sommaire, je dirais:
1. L'entente étant NON exclusive, les bibliothèques gardent leurs droits sur l'exemplaire qu'elles détiennent. Elles peuvent donc éventuellement disposer du fichier et en donner l'accès sur un autre serveur si cela représente une option plus rentable ou avantageux pour elles ou pour les auteurs ou leurs représentants. Où se situe le «vol» de Google sur les ressources? Dans son article Google vs the libraries, Alex Beam indique que des bibliothèques comme celles de l'état de California collaborent non seulement avec Google mais considèrent aussi d'autres alternatives pour donner l'accès le plus large possible aux ressources qu'elles disposent.
2. Les fichiers numérisés par Google sont considérés comme des exemplaires déposés dans la base. A l'instar des ouvrages imprimés acquis par les bibliothèques, la consultation est en effet réservée aux usagers ou abonnés de la base, de la même façon que les usagers qui ont accès aux locaux de l'institution peuvent consulter les ressources classées dans la bibliothèque. Et comme certains documents dans les bibliothèques, pour des questions de rareté ou de fragilité, ceux-ci ne sont consultables que sur place et le droit de consultation est restreint ou même réservé à un certain groupe d'usagers cependant. Ne loue-t-on pas des best sellers achetés sur les fonds publics dans certaines bibliothèques publiques? Dans l'univers numérique, les usagers qui veulent consulter la copie numérisée déposée dans une base doit, et c'est tout à fait normal, doivent demander l'accès au serveur qui détient le fichier numérique.
3. Faux! Google ne vend pas l’accès à ces collections aux individus et aux bibliothèques: Google impose des frais à ceux qui consultent les fichiers qui sont dans sa base. Cette consultation en ligne équivaut absolument à la consultation d'un ouvrage imprimé conservé dans une institution ou tout autre article ou document fourni par une base de données à laquelle l'institution ou l'usager est abonné. Autre point très important pour ceux qui croient à la valeur économique du savoir: ce faisant Google relance les livres épuisés et donne l'occasion aux auteurs et aux éditeurs de de ressuciter les livres en perdition.
4. Sur le mode de persiflage, Mme Beaudry parle des «largesses» de Google. Elle oublie que Google ne détient que le fichier numérisé du livre et non les droits sur le document qui appartiennent toujours à l'auteur ou son représentant dans les cas où ces droits sont encore valides. Comme propriétaire du fichier de l'exemplaire numérisé, il doit le diffuser sur son serveur seulement via les terminaux qu'il dépose dans la ou les institutions qui lui ont permis de numériser l'exemplaire. Il doit respecter aussi les droits d'auteur en ce qui concerne la reproduction des parties de l'ouvrage par les lecteurs. En tant que dépositaire du fichier numérisé, il doit collecter et remettre des redevances sur les impressions qui sont faites au Registre des droits sur les livres. Google affiche à l'écran seulement au maximum 20% des pages d'un livre sous droits et les profits étant partagés entre la compagnie et les auteurs et leurs éditeurs.Google a payé 34,5 millions de dollars US pour créer et gérer un Registre des droits sur les livres* (Books Rights Regystry) qui collecte les revenus de Google pour les redistribuer aux détenteurs de copyright.
Google dans la cour des bibliothèques
Cela peut déplaire certains de voir Google venir jouer dans leur cour. Mais la peur est parfois mauvaise conseillère. La gestionnaire qui a émis ces propos est motivée probablement par les meilleures intentions du monde dont celle, entre autres de protéger la fonction «noble» de bibliothécaire. Mais l'esprit corporatiste a ses limites. Si des bibliothèques se sont adressées à Google pour numériser leurs ouvrages, c'est parce qu'elles estiment que cela vaut mieux que de laisser leurs ressources moisir sans lecteur dans leurs sous-sols.
Recourir à la soustraitance est d'ailleurs une pratique assez monnaie courante dans le milieu des bibliothèques. Qu'il s'agisse de catalogage rétrospectif, de mises à jour de gros lots non traités, les bibliothèques ont souvent recours à des organismes extérieurs pour rattraper des retards et faire face à leur manques de ressources. Et n'oublions pas non plus que les bliothèques ne sont pas toutes publiques. Des collections prestigieuses ont été mises sur pied au fil des siècles par des mécènes et des érudits dans des sociétés occidentales et orientales. Dans l'histoire de l'humanité, les bibliothèques privées ont existé bien avant les bibliothèques publiques.
Faire numériser gratuitement les exemplaires de livres par Google permet aux bibliothèques de mettre en valeur leus fonds tout en offrant leur accès au public. D'autre part, les budgets des bibliothèques qu'elles soient publiques, universitaires ou nationales ne leur permettent pas de défrayer les coûts énormes d'une numérisation à l'échelle de Google. La Bibliothèque du Congrès a pu numériser ces ressources patrimoniales grâce à un don de Microsoft de plusieurs dizaines de millions de dollars*. En outre, la plupart des bibliothèques n'arrivent même pas à se tenir à flot avec les budgets qui rétrécissent. Les bibliothèques universitaires francophones au Québec, par exemple, ont un énorme retard à rattraper en termes d'infrastructure. Les systèmes intégrés de gestion documentaire, les catalogues, les outils de gestion des postes publics, les logiciels utilisés pour gérer les technologies Internet qui datent des débuts des années 2000, sont en retard d'une génération. L'intégration des différents systèmes et des applications est loin d'être faite.
L'idéal serait que tous les exemplaires d'une bibliothèque soient numérisés par celle-ci ou en consortium avec d'autres travaillant dans le même environnement. Par exemple, les bibliothèques universitaires francophones au Quécbec pourraient s'unir et numériser des fonds qu'elles peuvent rendre accessibles aux clenttèles de leurs universités. Après tout, elles sont subventionnées par les mêmes fonds publics non? Mais que se soit d'une manière ou d'une autre, il demeure que quoiqu'il en soit, la mission des bibliothèque reste inchangée: celle consiste à organiser les connaissances et en faciliter l'accès au plus grand nombre de gens possible à l'information et au savoir. Dans le nouvel environnement du livre, l'organisation, la gestion, la diffusion du savoir passent dorénavant par l'accès en ligne. Combien de fonds culturels ont été détruits au cours des siècles par la censure et les ravages des guerres et des désatres naturels ? Combien de contenus ont été oblitérés complètement de la mémoire humaine faute de lecteur? On parle de valeur «économique» de l'oeuvre. Google paie aux détenteurs des droits du livre et 63% des revenus générés par les annonces inclues sur les pages d'aperçu, sur les pages web du livre numérisé ainsi que les renseignements bibliographiques et les résultats de recherche effectués dans le livre.(p.17 de Réglement).
L'univers du livre s'est transformé avec la dématérialisation du document. En venant jouer dans la cour des bibliothèques. Google a bousculé certaines règles du jeu,comme le WEB 2.0 l'a fait en redistribuant les cartes aux usagers, et on cpomprend que la plupart des administrateurs de bibvliothèques n'aiment pas perdre leurs pouvoirs et leurs prérogatives de décider ce qui est bon ou pas pour le public ;-). Or l'enjeu réside dans la redéfinition des nouvelles règles du jeu introduites par le nouvel ordre économique défini dans l'environnement numérique et non dans les combats d'arrière garde.
L'esprit de la requête d'avis de la Cour
L'article d'Andrew Albanese dans Library Journal du 26 février 2009 sous le titre Library Organizations To File Amicus Brief in Google Book Search Settlement passe le message explicitement: aux bibliothèques maintenant de revoir leurs rôles et de s'adapter aux nouvelles règles imposées par le numérique.
À propos de la requête d'avis de la Cour concernant l'accord sur le programme Google Book Search par les trois organismes leaders dans le domaine de l'information et des bibliothèques aux États-Unis dont l'American Library Association (ALA), l'Association of Research Libraries (ARL)et l'Association of College and Research Libraries (ACRL), Prue Adlerle, directeur général de l'ARL , mentionne que la communauté des bibliothèques n'est pas contre l'entente («the library community will not object to or urge rejection of the settlement, but would file a thoughtful brief that urges the court to address library concerns»). La requête d'avis à la Cour déposée par les trois associations de bibliothèques aux É-U, vise davantage à faire part des préoccupations des associations en regard des droits d'auteur et du mode de diffusion des ressources numérisées qu'à contester l'entente. Elle est utile en ce sens qu'elle permet de clarifier la position de chacun et mettre à jour les principes régissant l'accès et la diffusion des ressources numériques, ainsi que le partage équitable des revenus générés par l'exploitation des fichiers numérisés. Pour James Grimmelman, professeur en droit du New York University, un expert en droit de propriété intellectuelle dans l'univers numérique qui a étudié l'accord, cette requête en soi ne serait même pas pertinente car les bibliothèques ne sont pas « parties prenantes » dans l'accord :«Since libraries are not class members, [...] filing an objection isn’t “necessarily the right way to raise the issues [libraries] care about.». Il concède qu'elle est néanmoins utile car elle permet de clarifier les enjeux sur la question entre «amis». D'autre part, pour ces experts, nul doute que l'accord des bibliothèques avec Google fera jurispudence
Le Web 2.0 et les technologies de l'information et des communications ont changé le paysage des bibliothèques. Le monde est devenu un immense village globalisé et les bibliothèques comme « passeurs de culture » sont les premières bénéficaires de la numérisation des fonds grâce à la libération des accès, en dépit des risques énormes que cela peut impliquer pour elles en termes de perte de monopole, ce que craignent les administrateurs des services publics. «[Libraries will] be key beneficiaries of the settlement, but they also recognize the enormous risk that the settlement could pose to access going forward». Mais si elles savent s'en tenir à leur mission fondamentale qui est celle de donner l'accès de leurs fonds au plus grand nombre de personnes possible et mettre l'intérêt du public au delà d'autres considérations, alors elles seront, et la société civile avec elles, gagnantes: « That, combined with their public-interest mission, their engagement with huge sections of the population, their historical attentiveness to these issues, and their profound commitment to intellectual freedom, makes them one of the best voices for the public interest that could be imagined here.» Bref, les bibliothèques ont tout à gagner en permettant la numérisation et la diffusion de leurs avoirs. Les préoccupations du milieu des bibliothèques doivent porter avant tout sur les enjeux comme l'accès à l'information, la protection de la vie privée et la liberté d'expression.
Comme toujours, les changements sociaux précèdent les lois qui souvent ne font qu'entériner en quelque sorte les pratiques déjà en vigueur. Les impacts de la révolution du numérique qui est en train de transformer de fonds en comble les modes de production et les façons de penser et de vivre des habitants de cette planète sont aussi grands que les changements provoqués par la transition de la société rurale à la société urbaine au début du 20 è siècle. L'internet ...et Google ont bouleversé les modes de vie, les modes de communication, de gestion, les façons de travailler, de communiquer et bien sûr celles de transmettre le savoir et l'information. Tellement vite que les bibliothèques ont du mal à suivre. Mais les usagers en demandent et ils ont raison. Ils s'étonnent qu'en cette ère d'accès en ligne, de larges pans des collections ne sont pas encore accessibles. Maintenant, à tous, législateurs, bibliothèques, éditeurs, diffuseurs de travailler ensemble pour nul ne soit lèsé dans le partage et la diffusion du bien commun qu'est le savoir et la culture. La moralité ou l'immoralité ne vient pas du fait que Google diffuse avec certaines restrictions les fichiers des oeuvres que des bibliothèques lui ont permis de numériser. Ce qui n'est pas moral c'est que des bibliothèques laissent dormir des fonds qu'elles ont acquises grâce à l'argent et à la générosité des états et des populations sans essayer de trouver et d'utiliser tous les moyens pour les mettre à la disposition du public. Les oeuvres orphelines ** dont regorgent les bibliothèques méritent d'être connues et divulguées. Attention, Google va s'en occuper aussi!
Salieri contre Mozart
Le débat est trop complexe pour être résumé dans les termes simplistes et démagogiques de Mme Beaudry. Les réalisations des bibliothèques sont immenses au cours des siècles. Envers et contre tous, souvent, elles ont su accomplir très adéquatement la mission que les sociétés leur ont confiée en préservant et en protégeant les connaissances et en donnant l'accès à la culture et au savoir au peuples. Dans le nouvel environnement où l'immatériel côtoie et fait concurrence au matériel, où tout s'accélère à une vitesse exponentielle, le défi des bibliothèques est de continuer à répondre à cette mission et de faire face aux nouveaux enjeux de l'organisation et de la diffusion des ressources numériques. Elles peuvent le faire très honorablement comme certaines le font déjà sans avoir à jeter le blâme pour justifier le retard de certaines bibliothèques dans la poursuite de leur mandat sur Google, cette formidable entreprise qui a contribué plus que n'importe quelle autre institution dans sa très courte histoire à faire avancer l'accès à l'information et au savoir.
à lire aussi:
Pour l'accès libre à la connaissance scientifique. Stéphane Couture. Bulletin Alternatives, 2 février 2009
A Guide for the perplexed: Libraries and the Google library project settlement
Qu'est qu'un livre à l'ère du numérique?
*Les trésors de la Bibliothèque du Congrèes passent au numérique par My Loan Duong, Corpo Clip,n.176, août-octobre 2008, p.10
** à lire le plan de mise en valeur des oeuvres orphelines: Google’s Plan for Out-of-Print Books Is Challenged
Alex Beam : Google vs. the libraries, December 2, 2008 : http://www.boston.com/lifestyle/articles/2008/12/02/google_vs_the_libraries/
Dans son éditorial Google, les bibliothèques et la revanche de la cigale sur la fourmi publié dans le bulletin Corpoclip (n.178,janvier-avril 2009) Guylaine Beaudry a résumé en quatre points le programme de numérisation des ouvrages des bibliothèques par Google et l'entente adoptée entre les bibliothèques mandataires:
« 1- les bibliothèques prêtent gracieusement à Google leurs collections pour qu’elles soient numérisées, selon une entente non exclusive.2- les fichiers appartiennent à Google mais peuvent être utilisés de façon plutôt contraignante par les bibliothèques 3- Google vend l'accès à ces collections aux individus et aux bibliothèques: 4- Google, les auteurs et les éditeurs se partagent les recettes des ventes. »
En réponse à ce résumé trop sommaire, je dirais:
1. L'entente étant NON exclusive, les bibliothèques gardent leurs droits sur l'exemplaire qu'elles détiennent. Elles peuvent donc éventuellement disposer du fichier et en donner l'accès sur un autre serveur si cela représente une option plus rentable ou avantageux pour elles ou pour les auteurs ou leurs représentants. Où se situe le «vol» de Google sur les ressources? Dans son article Google vs the libraries, Alex Beam indique que des bibliothèques comme celles de l'état de California collaborent non seulement avec Google mais considèrent aussi d'autres alternatives pour donner l'accès le plus large possible aux ressources qu'elles disposent.
2. Les fichiers numérisés par Google sont considérés comme des exemplaires déposés dans la base. A l'instar des ouvrages imprimés acquis par les bibliothèques, la consultation est en effet réservée aux usagers ou abonnés de la base, de la même façon que les usagers qui ont accès aux locaux de l'institution peuvent consulter les ressources classées dans la bibliothèque. Et comme certains documents dans les bibliothèques, pour des questions de rareté ou de fragilité, ceux-ci ne sont consultables que sur place et le droit de consultation est restreint ou même réservé à un certain groupe d'usagers cependant. Ne loue-t-on pas des best sellers achetés sur les fonds publics dans certaines bibliothèques publiques? Dans l'univers numérique, les usagers qui veulent consulter la copie numérisée déposée dans une base doit, et c'est tout à fait normal, doivent demander l'accès au serveur qui détient le fichier numérique.
3. Faux! Google ne vend pas l’accès à ces collections aux individus et aux bibliothèques: Google impose des frais à ceux qui consultent les fichiers qui sont dans sa base. Cette consultation en ligne équivaut absolument à la consultation d'un ouvrage imprimé conservé dans une institution ou tout autre article ou document fourni par une base de données à laquelle l'institution ou l'usager est abonné. Autre point très important pour ceux qui croient à la valeur économique du savoir: ce faisant Google relance les livres épuisés et donne l'occasion aux auteurs et aux éditeurs de de ressuciter les livres en perdition.
4. Sur le mode de persiflage, Mme Beaudry parle des «largesses» de Google. Elle oublie que Google ne détient que le fichier numérisé du livre et non les droits sur le document qui appartiennent toujours à l'auteur ou son représentant dans les cas où ces droits sont encore valides. Comme propriétaire du fichier de l'exemplaire numérisé, il doit le diffuser sur son serveur seulement via les terminaux qu'il dépose dans la ou les institutions qui lui ont permis de numériser l'exemplaire. Il doit respecter aussi les droits d'auteur en ce qui concerne la reproduction des parties de l'ouvrage par les lecteurs. En tant que dépositaire du fichier numérisé, il doit collecter et remettre des redevances sur les impressions qui sont faites au Registre des droits sur les livres. Google affiche à l'écran seulement au maximum 20% des pages d'un livre sous droits et les profits étant partagés entre la compagnie et les auteurs et leurs éditeurs.Google a payé 34,5 millions de dollars US pour créer et gérer un Registre des droits sur les livres* (Books Rights Regystry) qui collecte les revenus de Google pour les redistribuer aux détenteurs de copyright.
Google dans la cour des bibliothèques
Cela peut déplaire certains de voir Google venir jouer dans leur cour. Mais la peur est parfois mauvaise conseillère. La gestionnaire qui a émis ces propos est motivée probablement par les meilleures intentions du monde dont celle, entre autres de protéger la fonction «noble» de bibliothécaire. Mais l'esprit corporatiste a ses limites. Si des bibliothèques se sont adressées à Google pour numériser leurs ouvrages, c'est parce qu'elles estiment que cela vaut mieux que de laisser leurs ressources moisir sans lecteur dans leurs sous-sols.
Recourir à la soustraitance est d'ailleurs une pratique assez monnaie courante dans le milieu des bibliothèques. Qu'il s'agisse de catalogage rétrospectif, de mises à jour de gros lots non traités, les bibliothèques ont souvent recours à des organismes extérieurs pour rattraper des retards et faire face à leur manques de ressources. Et n'oublions pas non plus que les bliothèques ne sont pas toutes publiques. Des collections prestigieuses ont été mises sur pied au fil des siècles par des mécènes et des érudits dans des sociétés occidentales et orientales. Dans l'histoire de l'humanité, les bibliothèques privées ont existé bien avant les bibliothèques publiques.
Faire numériser gratuitement les exemplaires de livres par Google permet aux bibliothèques de mettre en valeur leus fonds tout en offrant leur accès au public. D'autre part, les budgets des bibliothèques qu'elles soient publiques, universitaires ou nationales ne leur permettent pas de défrayer les coûts énormes d'une numérisation à l'échelle de Google. La Bibliothèque du Congrès a pu numériser ces ressources patrimoniales grâce à un don de Microsoft de plusieurs dizaines de millions de dollars*. En outre, la plupart des bibliothèques n'arrivent même pas à se tenir à flot avec les budgets qui rétrécissent. Les bibliothèques universitaires francophones au Québec, par exemple, ont un énorme retard à rattraper en termes d'infrastructure. Les systèmes intégrés de gestion documentaire, les catalogues, les outils de gestion des postes publics, les logiciels utilisés pour gérer les technologies Internet qui datent des débuts des années 2000, sont en retard d'une génération. L'intégration des différents systèmes et des applications est loin d'être faite.
L'idéal serait que tous les exemplaires d'une bibliothèque soient numérisés par celle-ci ou en consortium avec d'autres travaillant dans le même environnement. Par exemple, les bibliothèques universitaires francophones au Quécbec pourraient s'unir et numériser des fonds qu'elles peuvent rendre accessibles aux clenttèles de leurs universités. Après tout, elles sont subventionnées par les mêmes fonds publics non? Mais que se soit d'une manière ou d'une autre, il demeure que quoiqu'il en soit, la mission des bibliothèque reste inchangée: celle consiste à organiser les connaissances et en faciliter l'accès au plus grand nombre de gens possible à l'information et au savoir. Dans le nouvel environnement du livre, l'organisation, la gestion, la diffusion du savoir passent dorénavant par l'accès en ligne. Combien de fonds culturels ont été détruits au cours des siècles par la censure et les ravages des guerres et des désatres naturels ? Combien de contenus ont été oblitérés complètement de la mémoire humaine faute de lecteur? On parle de valeur «économique» de l'oeuvre. Google paie aux détenteurs des droits du livre et 63% des revenus générés par les annonces inclues sur les pages d'aperçu, sur les pages web du livre numérisé ainsi que les renseignements bibliographiques et les résultats de recherche effectués dans le livre.(p.17 de Réglement).
L'univers du livre s'est transformé avec la dématérialisation du document. En venant jouer dans la cour des bibliothèques. Google a bousculé certaines règles du jeu,comme le WEB 2.0 l'a fait en redistribuant les cartes aux usagers, et on cpomprend que la plupart des administrateurs de bibvliothèques n'aiment pas perdre leurs pouvoirs et leurs prérogatives de décider ce qui est bon ou pas pour le public ;-). Or l'enjeu réside dans la redéfinition des nouvelles règles du jeu introduites par le nouvel ordre économique défini dans l'environnement numérique et non dans les combats d'arrière garde.
L'esprit de la requête d'avis de la Cour
L'article d'Andrew Albanese dans Library Journal du 26 février 2009 sous le titre Library Organizations To File Amicus Brief in Google Book Search Settlement passe le message explicitement: aux bibliothèques maintenant de revoir leurs rôles et de s'adapter aux nouvelles règles imposées par le numérique.
À propos de la requête d'avis de la Cour concernant l'accord sur le programme Google Book Search par les trois organismes leaders dans le domaine de l'information et des bibliothèques aux États-Unis dont l'American Library Association (ALA), l'Association of Research Libraries (ARL)et l'Association of College and Research Libraries (ACRL), Prue Adlerle, directeur général de l'ARL , mentionne que la communauté des bibliothèques n'est pas contre l'entente («the library community will not object to or urge rejection of the settlement, but would file a thoughtful brief that urges the court to address library concerns»). La requête d'avis à la Cour déposée par les trois associations de bibliothèques aux É-U, vise davantage à faire part des préoccupations des associations en regard des droits d'auteur et du mode de diffusion des ressources numérisées qu'à contester l'entente. Elle est utile en ce sens qu'elle permet de clarifier la position de chacun et mettre à jour les principes régissant l'accès et la diffusion des ressources numériques, ainsi que le partage équitable des revenus générés par l'exploitation des fichiers numérisés. Pour James Grimmelman, professeur en droit du New York University, un expert en droit de propriété intellectuelle dans l'univers numérique qui a étudié l'accord, cette requête en soi ne serait même pas pertinente car les bibliothèques ne sont pas « parties prenantes » dans l'accord :«Since libraries are not class members, [...] filing an objection isn’t “necessarily the right way to raise the issues [libraries] care about.». Il concède qu'elle est néanmoins utile car elle permet de clarifier les enjeux sur la question entre «amis». D'autre part, pour ces experts, nul doute que l'accord des bibliothèques avec Google fera jurispudence
Le Web 2.0 et les technologies de l'information et des communications ont changé le paysage des bibliothèques. Le monde est devenu un immense village globalisé et les bibliothèques comme « passeurs de culture » sont les premières bénéficaires de la numérisation des fonds grâce à la libération des accès, en dépit des risques énormes que cela peut impliquer pour elles en termes de perte de monopole, ce que craignent les administrateurs des services publics. «[Libraries will] be key beneficiaries of the settlement, but they also recognize the enormous risk that the settlement could pose to access going forward». Mais si elles savent s'en tenir à leur mission fondamentale qui est celle de donner l'accès de leurs fonds au plus grand nombre de personnes possible et mettre l'intérêt du public au delà d'autres considérations, alors elles seront, et la société civile avec elles, gagnantes: « That, combined with their public-interest mission, their engagement with huge sections of the population, their historical attentiveness to these issues, and their profound commitment to intellectual freedom, makes them one of the best voices for the public interest that could be imagined here.» Bref, les bibliothèques ont tout à gagner en permettant la numérisation et la diffusion de leurs avoirs. Les préoccupations du milieu des bibliothèques doivent porter avant tout sur les enjeux comme l'accès à l'information, la protection de la vie privée et la liberté d'expression.
Comme toujours, les changements sociaux précèdent les lois qui souvent ne font qu'entériner en quelque sorte les pratiques déjà en vigueur. Les impacts de la révolution du numérique qui est en train de transformer de fonds en comble les modes de production et les façons de penser et de vivre des habitants de cette planète sont aussi grands que les changements provoqués par la transition de la société rurale à la société urbaine au début du 20 è siècle. L'internet ...et Google ont bouleversé les modes de vie, les modes de communication, de gestion, les façons de travailler, de communiquer et bien sûr celles de transmettre le savoir et l'information. Tellement vite que les bibliothèques ont du mal à suivre. Mais les usagers en demandent et ils ont raison. Ils s'étonnent qu'en cette ère d'accès en ligne, de larges pans des collections ne sont pas encore accessibles. Maintenant, à tous, législateurs, bibliothèques, éditeurs, diffuseurs de travailler ensemble pour nul ne soit lèsé dans le partage et la diffusion du bien commun qu'est le savoir et la culture. La moralité ou l'immoralité ne vient pas du fait que Google diffuse avec certaines restrictions les fichiers des oeuvres que des bibliothèques lui ont permis de numériser. Ce qui n'est pas moral c'est que des bibliothèques laissent dormir des fonds qu'elles ont acquises grâce à l'argent et à la générosité des états et des populations sans essayer de trouver et d'utiliser tous les moyens pour les mettre à la disposition du public. Les oeuvres orphelines ** dont regorgent les bibliothèques méritent d'être connues et divulguées. Attention, Google va s'en occuper aussi!
Salieri contre Mozart
Le débat est trop complexe pour être résumé dans les termes simplistes et démagogiques de Mme Beaudry. Les réalisations des bibliothèques sont immenses au cours des siècles. Envers et contre tous, souvent, elles ont su accomplir très adéquatement la mission que les sociétés leur ont confiée en préservant et en protégeant les connaissances et en donnant l'accès à la culture et au savoir au peuples. Dans le nouvel environnement où l'immatériel côtoie et fait concurrence au matériel, où tout s'accélère à une vitesse exponentielle, le défi des bibliothèques est de continuer à répondre à cette mission et de faire face aux nouveaux enjeux de l'organisation et de la diffusion des ressources numériques. Elles peuvent le faire très honorablement comme certaines le font déjà sans avoir à jeter le blâme pour justifier le retard de certaines bibliothèques dans la poursuite de leur mandat sur Google, cette formidable entreprise qui a contribué plus que n'importe quelle autre institution dans sa très courte histoire à faire avancer l'accès à l'information et au savoir.
à lire aussi:
Pour l'accès libre à la connaissance scientifique. Stéphane Couture. Bulletin Alternatives, 2 février 2009
A Guide for the perplexed: Libraries and the Google library project settlement
Qu'est qu'un livre à l'ère du numérique?
*Les trésors de la Bibliothèque du Congrèes passent au numérique par My Loan Duong, Corpo Clip,n.176, août-octobre 2008, p.10
** à lire le plan de mise en valeur des oeuvres orphelines: Google’s Plan for Out-of-Print Books Is Challenged
Alex Beam : Google vs. the libraries, December 2, 2008 : http://www.boston.com/lifestyle/articles/2008/12/02/google_vs_the_libraries/
jeudi 2 avril 2009
Ni cigale ni fourmi, juste Google et ...les autres
«Don't be evil» (Ne soyez pas mauvais). La devise de Google semble s'adresser à ses détracteurs dont l'inquiétude grandit face à ce formidable outil de recherche et de diffusion de l'information qui, en moins dix ans, a supplanté tous les organismes dans leur rôle est d'organiser, de gérer et transmettre, de diffuser les ressources informationnelles.
Pour les uns, Google c'est l'accès à l'information à tous, pour d'autres, un géant qui ne fait pas de la dentelle
Les avis sur Google, ce gigantesque moteur de recherche et de diffusion d'informations, varient selon le type d'interlocuteurs. Alors que le public et les populations ont adopté ce moteur de recherche dès son arrivée dans l'espace de l'internet, ce gigantesque répertoire de ressources informationnelles continue de susciter méfiance et crainte dans certains milieux notamment, celui des administrateurs de bibliothèques, comme en témoigne l'éditorial de Guylaine Beaudry dans le Bulletin de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (178,janvier-avril 2009) intitulé Google, les bibliothèques et la revanche de la cigale sur la fourmi.
Il ne se passe pas un jour sans que cette formidable entreprise créée par deux étudiants surdoués dans la jeune vingtaine de l'Université Standford en Californie à partir d'un fond modeste de 100 000$ offerte par Andy Bechtolsheim, un des fondateurs de Sun Microsystems, qui a crû au potentiel énorme de l'engin de recherche inventé par Larry Page et Sergey Brin ne fasse parler d'elle. Grâce par la suite à une mise de fonds de 1 million de dollars recueillis auprès de quelques amis et des parents, la société Google Inc.* le 7 septembre 1998, est devenue une immense entreprise d'hébergement, de stockage et diffusion de l'information et des connaissances. Sa valeur en bourse tourne autour de des 200 milliards de dollars américains avec plus de 20 000 employés à travers le monde et les revenus rapportés en 2007 sont de 7 milliards de dollars continue de susciter la contreverse et de causer des maux de tête aux administrateurs des fonds publics.
Des entrepreneurs et non des gestionnaires
Si avant de se mettre à numériser les ressources des institutions comme Standford University, University of Michigan, New York Public Library (la plus grande bibliothèque publique dans le monde), Oxford University (une des plus vieilles et des riches bibliothèques universiatires dans le monde) Bayerrische Staatsbibliothek et la Bibliothèque municipale de Lyon, Google «n'avait pas un seul livre à mettre en ligne», dixit Mme Beaudry, c'est parce que les fondateurs de Google ne font pas partie du groupe des administrateurs de services publics. Les fondateurs de Google ont créé leur emploi et s'ils partent avec un million de longueurs d'avance sur d'autres organismes, c'est parce que les outils que Google a créé pour indexer, référencer, organiser, diffuser, numériser les ressources sont plus performants, plus novateurs, bref meilleurs que d'autres. Et si malgré sa très courte et très brillante histoire, des administrateurs de grandes bibliothèques lui ont confié leurs trésors à conserver et numériser, c'est justement parce que ces administrateurs, qui ne sont sûrement pas des imbéciles non plus, ont jugé bon de le faire faire par Google...quoiqu'en pensent certains administrateurs et je fais référence ici à la l'épître «La BAnQ ne prend pas les mauvais conseils»)de Mme Lise Bissonnette, pdg de la BAnQ qui a vilipendé en des termes les plus virulents M. Guy Laflèche, professeur à l'UdeM qui a eu «l'insigne audace » de se plaindre que les fonds patrimoniaux de la BAnQ ne soient numérisés par Google.
Google va très vite, cent mille fois plus vite que n'importe quel autre organisme public. Mais quel organisme public au Québec pourrait prendre le risque d'investir une telle fortune dans la numérisation des fonds? Je ne prendrai pas la défense de Google, pour la simple raison que je ne crois pas qu'ils ont besoin de qui que ce soit pour le faire...Depuis le temps que leur caravane avance, imperturbable aux bruits ambiants. Mais laisser entendre comme la présidente de la Corpo que Google est en train voler les ressources des bibliothèques est nettement exagéré, voire malhonnête intellectuellement.
C'est pourquoi j'aime mieux l'article de Robert Darnton, un grand historien, professeur à l’université Carl H. Pforzheimer, directeur de la bibliothèque de Harvard qui n'est pas tout à fait chaud à l'idée que Google diffuse toutes les richesses des bibliothèques. Il a d'ailleurs refusé de faire numériser sa belle collection patrimoniale par Google. Son article est bien dosé, bien écrit, sans mauvaise foi, l'auteur a su se garder une petite gêne qui est tout à son honneur d'intellectuel et d'homme de lettres qui n'a pas besoin de se faire du capital politique pour mousser sa carrière. Dans cet éloquent article portant le titre Google & the future of books, publié par le «New York Review of Books » du 12 février 2009 , traduit en français dans le mensuel français, le Monde diplomatique, sous le titre de La bibliothèque universelle, de Voltaire à Google , l'auteur a eu l'honnêteté de rappeler que Google toujours été clair dans la poursuite de ses objectifs avec sa une mission proclamée: donner l'accès à l'information au plus grand nombre de personnes possible, sans toutefois vouloir détenir de monopole: (traduction libre «Google is not a guild, and it did not set out to create a monopoly»). Il ajoute que rien n'empêche les organisations et les institutions publiques et la Bibliothèque du Congrès de s'unir pour créer une sorte bibliothèque nationale numérique (National Digital Library), l'équivalent contemporain de la Bibliothèque d'Alexandrie. Mais, «pendant que les autorités publiques dormaient au volant», Google a pris l'initiative. Il n'a pas cherché à savoir s'il peut le faire ou non, il a pris les devants, il n'est pas allé en cour, il est allé en affaires, numérisant les livres qu'on lui a confiés. Et il a numérisé les livres des bibliothèques de façon si efficace que cela a suscité le besoin chez d'autres de partager avec lui les bénéfices de l'affaire». Traduction libre: «While the public authorities slept, Google took the initiatives. It did not seek to settle its affairs in court, It went into business, scanning books in libaries; it scanned them so effectively as to arouse the appetite of others for a share in the potential profits».
Ni cigale ni fourmi mais un problème de conservation et de diffusion
Google héberge et numérise gratuitement des ressources qui, autrement seraient restées, au mieux sur les rayons des sous sols de bibliothèques, et qui se seraient dégradées à la longue. Ce ne sont pas toutes des ressources patrimoniales mais des oeuvres parfois rares, fragiles qui méritent d'être connues et conservées. Des organismes qui le peuvent ont payé pour faire numériser leurs ressources patrimoniales et de les offrir en accès libre à l'intérieur de leurs institutions et sur leur serveur. Certaines des plus grandes bibliothèques et institutions américaines dont la Boston Public Library, le Smithsonian Institution, la Library of Congress mettent en ligne à grand frais leurs ressources patrimoniales* et les diffusent sur leurs sites. Mais cela suppose des reins solides que toutes ne possèdent pas. Il y a d'autres options comme le regroupement en consortium, par exemple. C'est ce qu'ont fait les dix-neuf bibliothèques universitaires et de recherche de la Nouvelle-Angleterre qui ont utilisé des solutions comme celle offerte parOpen Content Alliance.Bref, tout le monde peut faire concurrence à Google.
Les ressources acquises par les bibliothèques sur les fonds publics sont destinées à être consultées et combien de trésors sont-ils encore enfouis dans les cavernes d'Ali Baba faute d'une diffusion et d'une exploitation adéquates? Mme Beaudry parle très souvent de la valeur économique du savoir, elle qui travaille dans un milieu universitaire doit savoir que toutes ses richesses dormantes pénalisent des générations entières du fruit du travail des chercheurs et de la culture universelle accumulées, entreposées à grands frais, privant leurs auteurs et éditeurs de la reconnaissance sociale et des redevances versées grâce à la consultation de leurs travaux C'est feindre aussi d'ignorer la logique d'affaire qui dicte le fonctionnement d'une entreprise non subventionnée par les fonds publics comme Google.
Copie digitale et copie imprimée
La diffusion passe maintenant par l'accès en ligne. La copie digitale est maintenant de plus en plus indissociable de l'imprimée. À l'heure actuelle, des éditeurs font des copies digitales de leurs productions et c'est ce qui est en train de se faire dans plusieurs endroits. (« Meanwhile, the settlement provides absolutely no barrier to publishers providing their own digital copies, and this is in fact happening.») C'est ce que fait Safari Books Online dans sa propre maison d'édition où pour tous les ouvrages de la maison, on offre une copie digitale et une copie imprimée avec deux numéros de ISBN différents, incluant des ouvrages d'autres éditeurs télédéchargeables sur le site de la maison en format pdf, mobi, and epub et disponibles à partir des canaux de livres électroniques comme Amazon's Kindle, Stanza, et iPhone. Dans le monde de l’édition savante, des bibliothèques universitaires comme celles de l’Université du Michigan passent d’un modèle centré sur l’électronique et de plus en plus la diffusion des publications savantes sera essentiellement en format électronique, ainsi ils n’imprimeront plus d’emblée leurs publications mais offriront l’impression sur demande seulement. L'internet a changé le paradigme de la diffusion du savoir.
Les cavernes d'Ali Baba non exploitées
Que reproche-t-on à Google exactement? De n'avoir pas n'a pas mis des gants blancs pour faire sa place dans l'espace numérique? De n'avoir pas demandé la permission des bibliothécaires avant de numériser les ouvrages que des bibliothèques lui ont offert de numériser? D'avoir donné l'accès et d'avoir diffusé des ressources qui , autrement auraient été perdues, ignorées et oubliées? Le livre numérique vient juste de prendre sa place dans le marché du livre. Dire que Google mange la laine sur le dos des bibliothèques est faux. Les obstacles viennent surtout de l'incapacité financière des organismes à dépenser de gros montants d'argent pour peu de profit, finalement:(«The barrier has always been the willingness to spend a lot of money for little return; the settlement doesn't change that.»). Google a dévancé et répondu aux besoins du public en mettant en ligne des ounvrages et cela a permis à mettre en valeur d'autres bases et d'autres ressources. Ses revenus viennent des millards de recherches et de visites effectuées quotidiennement sur son portail... et des milliards de revenus publicitaires qui ont suivi et c'est avec ça que Google fait son argent. Ce qui lui a permis d'investir encore plus dans le développement et la technologie et d'avancer encore plus et de numériser si bien, si vite et si efficacement les millions de ressources que des bibliothèques lui ont confiées.
Mais Google a bon dos. À ceux qui veulent faire porter sur Google le poids de leur insuffisance, je suggère encore la lecture de l'article que T. O'Reilly a écrit en réplique à Robert Dartnon, T. O'Reilly, dans Competition in the eBook Market
traduit en français par V. Clayssen sous le titre Concurrence sur le marché du livre numérique.
La réplique à Darnton: non au monopole de l'État
Timothy O'Reilly* mentionne les recommandations que le professeur James Grimmelman a émis pour encadrer l'entente Google Book Search de Novembre 2008 . Comme cet expert en droits sur la propriété intellectuelle, O'Reilly pense que la proposition de Darnton de laisser aux mains des autorités publiques le soin de faire appel à un consortium d'éditeurs pour prendre en charge le numérisation des ouvrages, n'est pas sans risque pour la liberté d'expression et la démocratie et nuisble pour la concurrence. Car toutes les administrations ne sont pas neutres et tous les gouvernements ne sont pas nécessairement démocratiques (Google est régulièrement censuré en Chine par exemple) sans parler que ce monopole risque de tuer la compétition ou la concurrence.(« I'd be far more worried about Darnton's wished-for utopia, in which the government had funded the equivalent, mandating that all publishers participate. That might well have nipped the competitive ebook landscape in the bud. »). Alors, honnêtement, si des bibliothèques ont laissé échappé le ballon (pardon, le fromage) entre les pattes de Google, à qui en vouloir? (Looking back over the course of digitalization from the 1990s, we now can see that we miss a great opportunity»).
On peut certainement pas dire qu'on ne l'a pas vu venir. Pour toutes sortes de raisons, on aurait pu faire mieux. Toutefois, il n'est pas minuit moins cinq du tout pour les bibliothèques et l'appel aux barricades de madame Beaudry, en l'occurence le cri: «Bibliothèques du monde entier, unissez-vous», qu'elle a emprunté d'ailleurs à Alex Beam (il fallait le dire dans votre article, madame)est alarmiste pour rien. Les bibliothèques ne sont pas toutes au même niveau. Certaines bibliothèques universitaires ont commencé à retrousser les manches, amélioré leur portail, leur catalogue, commencé à se mettre au web 2.0 et mis en ligne, pour le grand bonheur de leurs usagers, les ouvrages les plus importants de leurs fonds dont leurs ressources patrimonales ainsi que les travaux, les mémoires et les thèses de la communauté. D'autres malheureusement peinent et piétinent sur place mais à qui en vouloir? À Google?
Le corbeau et le renard
La littérature des grands peuples a souvent recours à l'anthropomorphisme pour peindre les travers de leur société et de leurs concitoyens. Les grands sages de l'humanité dont Jean de la Fontaine fait partie ont en fait usage abondamment pour tracer les parallèlles entre le monde des bêtes et le monde des hommes. Comme la plupart d'entre nous, j'adore les fables de la Fontaine. Ses vers m'ont aidée à aimer mes cours de français à l'école primaire. Ils m'ont guidée dans mes premières réflexions sur les hommes, les bêtes et les évènements de la vie et du monde en général. Plus tard, quand j'eus à porter un jugement sur une situation ou à émettre une réflexion sur une personne, comme bien d'autres, j'aime me référer aux propos et aux personnages des fables de ce grand humaniste pour y trouver mes repères.
À la présidente de la Corpo qui a comparé Google à la cigale et les bibliothèques à la fourmi de la fable, j'ai envie de lui dire de relire La Fontaine. Pour ma part, je serai plutôt portée à comparer Google au renard et les bibliothèques au corbeau qui a échappé son fromage (Oups!) pour regarder son beau plumage. Toutefois, pour rester dans le domaine de la littérature des fables, je préfère encore celle-ci qu'un bibliothécaire et une collègue universitaire m'ont fait suivre récemment. Cette fable parle de la fourmi et du lion. Elle n'est pas de la Fontaine, mais elle s'en rapproche par son humour acidulé.
*À lire: La volée de bois vert envoyée par la PDG de la BAnQ en réponse à l'article La BNQ à l'ère de Google, (Le Devoir 2 novembre 2007 ) du professeur Guy Laflèche de l'UdeM sur la question de numérisation. M. Laflèche reprochait à la BAnQ de ne pas faire numériser ses fonds patrimoniaux. Voici un extrait de la réponse (assez décoiffante , merci, qui servira de leçon à qui ose donner des conseils aux administrateurs) publiée dans le Devoir ÉDITORIAL, jeudi, 8 novembre 2007, p. a6 , Libre-Opinion. Sous le titre BAnQ ne prend pas les mauvais conseils de Lise Bissonnette a écrit: «Sur les conseils de sa maman qu'il cite à répétition (Le Devoir, 2 novembre 2007) de "La BNQ à l'ère de Google",: « Un professeur au département des littératures de langue française de l'Université de Montréal nous reproche de ne pas nous joindre aux quelques bibliothèques universitaires et patrimoniales qui ont accepté de confier la numérisation de leurs livres anciens au géant américain Google. Guy Laflèche a tout faux en ces matières qui ne sont visiblement pas les siennes; j'invite ici sa maman à lui donner de nouveaux et plus judicieux». Pour lire l'article , allez dans Google et faites une recherche à Lise Bissonnette.
Timothy O'Reilly est le fondateur et président directeur général O'Reilly Media, Inc., considéré par les experts du milieu comme un des meilleurs éditeurs de livres électriniques dans le monde. O'Reilly Media est un leader dans le domaine des technologies émergentes dont le WEB 2.0.
Google, les bibliothèques et la revanche de la cigale sur la fourmi Bulletin Corpoclip n.178,janvier-avril 2009 . Editorial de Guylaine Beaudry
ALA, FINRA make unemployment resource available to public libraries
Un leadership inspirant: James H. Billington, le bibliothécaire du Congrès
Pour les uns, Google c'est l'accès à l'information à tous, pour d'autres, un géant qui ne fait pas de la dentelle
Les avis sur Google, ce gigantesque moteur de recherche et de diffusion d'informations, varient selon le type d'interlocuteurs. Alors que le public et les populations ont adopté ce moteur de recherche dès son arrivée dans l'espace de l'internet, ce gigantesque répertoire de ressources informationnelles continue de susciter méfiance et crainte dans certains milieux notamment, celui des administrateurs de bibliothèques, comme en témoigne l'éditorial de Guylaine Beaudry dans le Bulletin de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (178,janvier-avril 2009) intitulé Google, les bibliothèques et la revanche de la cigale sur la fourmi.
Il ne se passe pas un jour sans que cette formidable entreprise créée par deux étudiants surdoués dans la jeune vingtaine de l'Université Standford en Californie à partir d'un fond modeste de 100 000$ offerte par Andy Bechtolsheim, un des fondateurs de Sun Microsystems, qui a crû au potentiel énorme de l'engin de recherche inventé par Larry Page et Sergey Brin ne fasse parler d'elle. Grâce par la suite à une mise de fonds de 1 million de dollars recueillis auprès de quelques amis et des parents, la société Google Inc.* le 7 septembre 1998, est devenue une immense entreprise d'hébergement, de stockage et diffusion de l'information et des connaissances. Sa valeur en bourse tourne autour de des 200 milliards de dollars américains avec plus de 20 000 employés à travers le monde et les revenus rapportés en 2007 sont de 7 milliards de dollars continue de susciter la contreverse et de causer des maux de tête aux administrateurs des fonds publics.
Des entrepreneurs et non des gestionnaires
Si avant de se mettre à numériser les ressources des institutions comme Standford University, University of Michigan, New York Public Library (la plus grande bibliothèque publique dans le monde), Oxford University (une des plus vieilles et des riches bibliothèques universiatires dans le monde) Bayerrische Staatsbibliothek et la Bibliothèque municipale de Lyon, Google «n'avait pas un seul livre à mettre en ligne», dixit Mme Beaudry, c'est parce que les fondateurs de Google ne font pas partie du groupe des administrateurs de services publics. Les fondateurs de Google ont créé leur emploi et s'ils partent avec un million de longueurs d'avance sur d'autres organismes, c'est parce que les outils que Google a créé pour indexer, référencer, organiser, diffuser, numériser les ressources sont plus performants, plus novateurs, bref meilleurs que d'autres. Et si malgré sa très courte et très brillante histoire, des administrateurs de grandes bibliothèques lui ont confié leurs trésors à conserver et numériser, c'est justement parce que ces administrateurs, qui ne sont sûrement pas des imbéciles non plus, ont jugé bon de le faire faire par Google...quoiqu'en pensent certains administrateurs et je fais référence ici à la l'épître «La BAnQ ne prend pas les mauvais conseils»)de Mme Lise Bissonnette, pdg de la BAnQ qui a vilipendé en des termes les plus virulents M. Guy Laflèche, professeur à l'UdeM qui a eu «l'insigne audace » de se plaindre que les fonds patrimoniaux de la BAnQ ne soient numérisés par Google.
Google va très vite, cent mille fois plus vite que n'importe quel autre organisme public. Mais quel organisme public au Québec pourrait prendre le risque d'investir une telle fortune dans la numérisation des fonds? Je ne prendrai pas la défense de Google, pour la simple raison que je ne crois pas qu'ils ont besoin de qui que ce soit pour le faire...Depuis le temps que leur caravane avance, imperturbable aux bruits ambiants. Mais laisser entendre comme la présidente de la Corpo que Google est en train voler les ressources des bibliothèques est nettement exagéré, voire malhonnête intellectuellement.
C'est pourquoi j'aime mieux l'article de Robert Darnton, un grand historien, professeur à l’université Carl H. Pforzheimer, directeur de la bibliothèque de Harvard qui n'est pas tout à fait chaud à l'idée que Google diffuse toutes les richesses des bibliothèques. Il a d'ailleurs refusé de faire numériser sa belle collection patrimoniale par Google. Son article est bien dosé, bien écrit, sans mauvaise foi, l'auteur a su se garder une petite gêne qui est tout à son honneur d'intellectuel et d'homme de lettres qui n'a pas besoin de se faire du capital politique pour mousser sa carrière. Dans cet éloquent article portant le titre Google & the future of books, publié par le «New York Review of Books » du 12 février 2009 , traduit en français dans le mensuel français, le Monde diplomatique, sous le titre de La bibliothèque universelle, de Voltaire à Google , l'auteur a eu l'honnêteté de rappeler que Google toujours été clair dans la poursuite de ses objectifs avec sa une mission proclamée: donner l'accès à l'information au plus grand nombre de personnes possible, sans toutefois vouloir détenir de monopole: (traduction libre «Google is not a guild, and it did not set out to create a monopoly»). Il ajoute que rien n'empêche les organisations et les institutions publiques et la Bibliothèque du Congrès de s'unir pour créer une sorte bibliothèque nationale numérique (National Digital Library), l'équivalent contemporain de la Bibliothèque d'Alexandrie. Mais, «pendant que les autorités publiques dormaient au volant», Google a pris l'initiative. Il n'a pas cherché à savoir s'il peut le faire ou non, il a pris les devants, il n'est pas allé en cour, il est allé en affaires, numérisant les livres qu'on lui a confiés. Et il a numérisé les livres des bibliothèques de façon si efficace que cela a suscité le besoin chez d'autres de partager avec lui les bénéfices de l'affaire». Traduction libre: «While the public authorities slept, Google took the initiatives. It did not seek to settle its affairs in court, It went into business, scanning books in libaries; it scanned them so effectively as to arouse the appetite of others for a share in the potential profits».
Ni cigale ni fourmi mais un problème de conservation et de diffusion
Google héberge et numérise gratuitement des ressources qui, autrement seraient restées, au mieux sur les rayons des sous sols de bibliothèques, et qui se seraient dégradées à la longue. Ce ne sont pas toutes des ressources patrimoniales mais des oeuvres parfois rares, fragiles qui méritent d'être connues et conservées. Des organismes qui le peuvent ont payé pour faire numériser leurs ressources patrimoniales et de les offrir en accès libre à l'intérieur de leurs institutions et sur leur serveur. Certaines des plus grandes bibliothèques et institutions américaines dont la Boston Public Library, le Smithsonian Institution, la Library of Congress mettent en ligne à grand frais leurs ressources patrimoniales* et les diffusent sur leurs sites. Mais cela suppose des reins solides que toutes ne possèdent pas. Il y a d'autres options comme le regroupement en consortium, par exemple. C'est ce qu'ont fait les dix-neuf bibliothèques universitaires et de recherche de la Nouvelle-Angleterre qui ont utilisé des solutions comme celle offerte parOpen Content Alliance.Bref, tout le monde peut faire concurrence à Google.
Les ressources acquises par les bibliothèques sur les fonds publics sont destinées à être consultées et combien de trésors sont-ils encore enfouis dans les cavernes d'Ali Baba faute d'une diffusion et d'une exploitation adéquates? Mme Beaudry parle très souvent de la valeur économique du savoir, elle qui travaille dans un milieu universitaire doit savoir que toutes ses richesses dormantes pénalisent des générations entières du fruit du travail des chercheurs et de la culture universelle accumulées, entreposées à grands frais, privant leurs auteurs et éditeurs de la reconnaissance sociale et des redevances versées grâce à la consultation de leurs travaux C'est feindre aussi d'ignorer la logique d'affaire qui dicte le fonctionnement d'une entreprise non subventionnée par les fonds publics comme Google.
Copie digitale et copie imprimée
La diffusion passe maintenant par l'accès en ligne. La copie digitale est maintenant de plus en plus indissociable de l'imprimée. À l'heure actuelle, des éditeurs font des copies digitales de leurs productions et c'est ce qui est en train de se faire dans plusieurs endroits. (« Meanwhile, the settlement provides absolutely no barrier to publishers providing their own digital copies, and this is in fact happening.») C'est ce que fait Safari Books Online dans sa propre maison d'édition où pour tous les ouvrages de la maison, on offre une copie digitale et une copie imprimée avec deux numéros de ISBN différents, incluant des ouvrages d'autres éditeurs télédéchargeables sur le site de la maison en format pdf, mobi, and epub et disponibles à partir des canaux de livres électroniques comme Amazon's Kindle, Stanza, et iPhone. Dans le monde de l’édition savante, des bibliothèques universitaires comme celles de l’Université du Michigan passent d’un modèle centré sur l’électronique et de plus en plus la diffusion des publications savantes sera essentiellement en format électronique, ainsi ils n’imprimeront plus d’emblée leurs publications mais offriront l’impression sur demande seulement. L'internet a changé le paradigme de la diffusion du savoir.
Les cavernes d'Ali Baba non exploitées
Que reproche-t-on à Google exactement? De n'avoir pas n'a pas mis des gants blancs pour faire sa place dans l'espace numérique? De n'avoir pas demandé la permission des bibliothécaires avant de numériser les ouvrages que des bibliothèques lui ont offert de numériser? D'avoir donné l'accès et d'avoir diffusé des ressources qui , autrement auraient été perdues, ignorées et oubliées? Le livre numérique vient juste de prendre sa place dans le marché du livre. Dire que Google mange la laine sur le dos des bibliothèques est faux. Les obstacles viennent surtout de l'incapacité financière des organismes à dépenser de gros montants d'argent pour peu de profit, finalement:(«The barrier has always been the willingness to spend a lot of money for little return; the settlement doesn't change that.»). Google a dévancé et répondu aux besoins du public en mettant en ligne des ounvrages et cela a permis à mettre en valeur d'autres bases et d'autres ressources. Ses revenus viennent des millards de recherches et de visites effectuées quotidiennement sur son portail... et des milliards de revenus publicitaires qui ont suivi et c'est avec ça que Google fait son argent. Ce qui lui a permis d'investir encore plus dans le développement et la technologie et d'avancer encore plus et de numériser si bien, si vite et si efficacement les millions de ressources que des bibliothèques lui ont confiées.
Mais Google a bon dos. À ceux qui veulent faire porter sur Google le poids de leur insuffisance, je suggère encore la lecture de l'article que T. O'Reilly a écrit en réplique à Robert Dartnon, T. O'Reilly, dans Competition in the eBook Market
traduit en français par V. Clayssen sous le titre Concurrence sur le marché du livre numérique.
La réplique à Darnton: non au monopole de l'État
Timothy O'Reilly* mentionne les recommandations que le professeur James Grimmelman a émis pour encadrer l'entente Google Book Search de Novembre 2008 . Comme cet expert en droits sur la propriété intellectuelle, O'Reilly pense que la proposition de Darnton de laisser aux mains des autorités publiques le soin de faire appel à un consortium d'éditeurs pour prendre en charge le numérisation des ouvrages, n'est pas sans risque pour la liberté d'expression et la démocratie et nuisble pour la concurrence. Car toutes les administrations ne sont pas neutres et tous les gouvernements ne sont pas nécessairement démocratiques (Google est régulièrement censuré en Chine par exemple) sans parler que ce monopole risque de tuer la compétition ou la concurrence.(« I'd be far more worried about Darnton's wished-for utopia, in which the government had funded the equivalent, mandating that all publishers participate. That might well have nipped the competitive ebook landscape in the bud. »). Alors, honnêtement, si des bibliothèques ont laissé échappé le ballon (pardon, le fromage) entre les pattes de Google, à qui en vouloir? (Looking back over the course of digitalization from the 1990s, we now can see that we miss a great opportunity»).
On peut certainement pas dire qu'on ne l'a pas vu venir. Pour toutes sortes de raisons, on aurait pu faire mieux. Toutefois, il n'est pas minuit moins cinq du tout pour les bibliothèques et l'appel aux barricades de madame Beaudry, en l'occurence le cri: «Bibliothèques du monde entier, unissez-vous», qu'elle a emprunté d'ailleurs à Alex Beam (il fallait le dire dans votre article, madame)est alarmiste pour rien. Les bibliothèques ne sont pas toutes au même niveau. Certaines bibliothèques universitaires ont commencé à retrousser les manches, amélioré leur portail, leur catalogue, commencé à se mettre au web 2.0 et mis en ligne, pour le grand bonheur de leurs usagers, les ouvrages les plus importants de leurs fonds dont leurs ressources patrimonales ainsi que les travaux, les mémoires et les thèses de la communauté. D'autres malheureusement peinent et piétinent sur place mais à qui en vouloir? À Google?
Le corbeau et le renard
La littérature des grands peuples a souvent recours à l'anthropomorphisme pour peindre les travers de leur société et de leurs concitoyens. Les grands sages de l'humanité dont Jean de la Fontaine fait partie ont en fait usage abondamment pour tracer les parallèlles entre le monde des bêtes et le monde des hommes. Comme la plupart d'entre nous, j'adore les fables de la Fontaine. Ses vers m'ont aidée à aimer mes cours de français à l'école primaire. Ils m'ont guidée dans mes premières réflexions sur les hommes, les bêtes et les évènements de la vie et du monde en général. Plus tard, quand j'eus à porter un jugement sur une situation ou à émettre une réflexion sur une personne, comme bien d'autres, j'aime me référer aux propos et aux personnages des fables de ce grand humaniste pour y trouver mes repères.
À la présidente de la Corpo qui a comparé Google à la cigale et les bibliothèques à la fourmi de la fable, j'ai envie de lui dire de relire La Fontaine. Pour ma part, je serai plutôt portée à comparer Google au renard et les bibliothèques au corbeau qui a échappé son fromage (Oups!) pour regarder son beau plumage. Toutefois, pour rester dans le domaine de la littérature des fables, je préfère encore celle-ci qu'un bibliothécaire et une collègue universitaire m'ont fait suivre récemment. Cette fable parle de la fourmi et du lion. Elle n'est pas de la Fontaine, mais elle s'en rapproche par son humour acidulé.
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*À lire: La volée de bois vert envoyée par la PDG de la BAnQ en réponse à l'article La BNQ à l'ère de Google, (Le Devoir 2 novembre 2007 ) du professeur Guy Laflèche de l'UdeM sur la question de numérisation. M. Laflèche reprochait à la BAnQ de ne pas faire numériser ses fonds patrimoniaux. Voici un extrait de la réponse (assez décoiffante , merci, qui servira de leçon à qui ose donner des conseils aux administrateurs) publiée dans le Devoir ÉDITORIAL, jeudi, 8 novembre 2007, p. a6 , Libre-Opinion. Sous le titre BAnQ ne prend pas les mauvais conseils de Lise Bissonnette a écrit: «Sur les conseils de sa maman qu'il cite à répétition (Le Devoir, 2 novembre 2007) de "La BNQ à l'ère de Google",: « Un professeur au département des littératures de langue française de l'Université de Montréal nous reproche de ne pas nous joindre aux quelques bibliothèques universitaires et patrimoniales qui ont accepté de confier la numérisation de leurs livres anciens au géant américain Google. Guy Laflèche a tout faux en ces matières qui ne sont visiblement pas les siennes; j'invite ici sa maman à lui donner de nouveaux et plus judicieux». Pour lire l'article , allez dans Google et faites une recherche à Lise Bissonnette.
Timothy O'Reilly est le fondateur et président directeur général O'Reilly Media, Inc., considéré par les experts du milieu comme un des meilleurs éditeurs de livres électriniques dans le monde. O'Reilly Media est un leader dans le domaine des technologies émergentes dont le WEB 2.0.
Google, les bibliothèques et la revanche de la cigale sur la fourmi Bulletin Corpoclip n.178,janvier-avril 2009 . Editorial de Guylaine Beaudry
ALA, FINRA make unemployment resource available to public libraries
Un leadership inspirant: James H. Billington, le bibliothécaire du Congrès
lundi 30 mars 2009
Le gouvernement du Québec , Microsoft et les logiciels libres (suite)
Du nouveau au sujet de la poursuite de Savoir-Faire Linux contre la Régie des rentes du Québec dont j'ai parlé dans un billet daté de mars 2008. Un an après le dépôt de la plainte déposée par Savoir-faire Linux, la Cour supérieure du Québec a ordonné à à la Régie des Rentes du Québec de communiquer à Savoir -Faire Linux les modalités des contrats qu’elle a signés sans appel d’offres avec Microsoft.
«le juge Claude Bouchard, dans sa décision du 12 mars dernier (2009), estime que cet argument rend légitime la demande de Savoir-Faire Linux de voir les contrats.» Sur le blog de Tristan Péloquin, sous le titre
Microsoft devra divulguer ses contrats avec l’État,on peut lire aussi que:« Le Tribunal estime qu’il y a lieu d’autoriser la communication des contrats ouverts à Savoir-Fraire Linux en ne donnant accès toutefois qu’aux informations nécessaires pour lui permettre d’identifier les parties à celui-ci et ses signataires, la nature du contrat et son objet, et en oblitérant les informations commerciales confidentielles propres à l’entreprise Microsoft Licensing General Partnership, ou tout autre renseignement de nature confidentielle».
Cette annonce est une petite victoire pour l'entreprise montréalaise. Dans la plainte que Savoir-Faire Linux, cette entreprise spécialisée dans les logiciels libres, a déposée en mars 2008 contre la Régie des rentes du Québec portant sur l'octroi à Microsoft d'un important contrat pour le renouvellement du système d'exploitation de son parc informatique a fait valoir que le gouvernement du Québec ce qui a contrevenu au Règlement sur les contrats d’approvisionnement de l’État sur les processus d’attribution des contrats .
Dans la Presse du lundi 30 mars (p.A9), sous le titre Contrat de 1,32 million à Microsoft Tristan Péloquin nous apprend que le gouvernement du Québec persiste et signe. Le ministère de l'Éducation gouvernement du Québec vient de récidiver en octroyant un autre contrat de 1,32 millions sans appel d’offres pour acquérir 1800 licences de la suite bureautique 2007 de Microsoft encore. Ici aussi, le gouvernement a repris le même argument, soit qu'il ne peut y avoir d'appel d'offre puisque seul « Microsoft fournit le logiciel Office 2007», plaidant ainsi qu'il s'agit non une nouvelle offre de services mais d'une mise à jour des produits déjà utilisés. Pour le fondateur Savoir-Faire Linux, l'attribution de ces contrats s'est faite « sans “recherches sérieuses et documentées” de solutions alternatives». Le président de la compagnie Cyrille Béraud ajoute : «C'est comme si le gouvernement changeait son parc d'automobile pour des BMW en disant qu'il n'y a que des BMW qui fabrique des BMW»
Le fait que Microsoft devra dévoiler ses contrats et ouvrir ses livres est un petit pas en avant dans le processus selon Savoir-Faire Linux qui a aussi dénoncé l'opacité des contrats conclus entre le gouvernement québécois avec la multinationale.
Notons que l'usage des logiciels libres est très peu répandu dans les universités québécoises apr ailleurs subventionnées par le gouvernement toutes abonnées à Microsoft. De plus en plus de voix dans les campus s'élève contre ce monopole et demandent que le gouvernement explique son choix de favoriser les outils de Microsoft au détriment des logiciels libres et ouverts. Manque de volonté politique ? Cité dans l'article publié dans la Presse, le professeur Louis Martin, titulaire de la chaire Logiciel libre, finance sociale et solidaire de l'UQUAM ajoute: « Le problème , c'est qu'il y a une profonde méconnaissance de ce que sont ces logiciels. Ce n'est pas une panacée , mais c'est une solution qui mérite d'être étudiée sérieusement».
Cette cause est suivie avec un grand intérêt par les institutions para publiques et publiques au Québec et nul ne doute que le jugement aura une incidence profonde sur le paysage informatique et des pratiques en matière de soumission et d'attribution de contrats de logiciels et d'outils de bureautique.
à lire : mercredi 26 mars 2008. Les logiciels libres : retard au Québec?
«le juge Claude Bouchard, dans sa décision du 12 mars dernier (2009), estime que cet argument rend légitime la demande de Savoir-Faire Linux de voir les contrats.» Sur le blog de Tristan Péloquin, sous le titre
Microsoft devra divulguer ses contrats avec l’État,on peut lire aussi que:« Le Tribunal estime qu’il y a lieu d’autoriser la communication des contrats ouverts à Savoir-Fraire Linux en ne donnant accès toutefois qu’aux informations nécessaires pour lui permettre d’identifier les parties à celui-ci et ses signataires, la nature du contrat et son objet, et en oblitérant les informations commerciales confidentielles propres à l’entreprise Microsoft Licensing General Partnership, ou tout autre renseignement de nature confidentielle».
Cette annonce est une petite victoire pour l'entreprise montréalaise. Dans la plainte que Savoir-Faire Linux, cette entreprise spécialisée dans les logiciels libres, a déposée en mars 2008 contre la Régie des rentes du Québec portant sur l'octroi à Microsoft d'un important contrat pour le renouvellement du système d'exploitation de son parc informatique a fait valoir que le gouvernement du Québec ce qui a contrevenu au Règlement sur les contrats d’approvisionnement de l’État sur les processus d’attribution des contrats .
Dans la Presse du lundi 30 mars (p.A9), sous le titre Contrat de 1,32 million à Microsoft Tristan Péloquin nous apprend que le gouvernement du Québec persiste et signe. Le ministère de l'Éducation gouvernement du Québec vient de récidiver en octroyant un autre contrat de 1,32 millions sans appel d’offres pour acquérir 1800 licences de la suite bureautique 2007 de Microsoft encore. Ici aussi, le gouvernement a repris le même argument, soit qu'il ne peut y avoir d'appel d'offre puisque seul « Microsoft fournit le logiciel Office 2007», plaidant ainsi qu'il s'agit non une nouvelle offre de services mais d'une mise à jour des produits déjà utilisés. Pour le fondateur Savoir-Faire Linux, l'attribution de ces contrats s'est faite « sans “recherches sérieuses et documentées” de solutions alternatives». Le président de la compagnie Cyrille Béraud ajoute : «C'est comme si le gouvernement changeait son parc d'automobile pour des BMW en disant qu'il n'y a que des BMW qui fabrique des BMW»
Le fait que Microsoft devra dévoiler ses contrats et ouvrir ses livres est un petit pas en avant dans le processus selon Savoir-Faire Linux qui a aussi dénoncé l'opacité des contrats conclus entre le gouvernement québécois avec la multinationale.
Notons que l'usage des logiciels libres est très peu répandu dans les universités québécoises apr ailleurs subventionnées par le gouvernement toutes abonnées à Microsoft. De plus en plus de voix dans les campus s'élève contre ce monopole et demandent que le gouvernement explique son choix de favoriser les outils de Microsoft au détriment des logiciels libres et ouverts. Manque de volonté politique ? Cité dans l'article publié dans la Presse, le professeur Louis Martin, titulaire de la chaire Logiciel libre, finance sociale et solidaire de l'UQUAM ajoute: « Le problème , c'est qu'il y a une profonde méconnaissance de ce que sont ces logiciels. Ce n'est pas une panacée , mais c'est une solution qui mérite d'être étudiée sérieusement».
Cette cause est suivie avec un grand intérêt par les institutions para publiques et publiques au Québec et nul ne doute que le jugement aura une incidence profonde sur le paysage informatique et des pratiques en matière de soumission et d'attribution de contrats de logiciels et d'outils de bureautique.
à lire : mercredi 26 mars 2008. Les logiciels libres : retard au Québec?
lundi 9 mars 2009
Le rapport d'étonnement : pour étonner qui?
On entend parler souvent de ce «nouvel» outil de gestion qu'est le rapport d'étonnement. En fait, le rapport d'étonnement n'a de nouveau que le nom et il y a longtemps que les organisations en font usage et l'incluent dans leur boîte à outils pour sonder les opinions, pour recueillir les commentaires et pour susciter l'adhésion et l'intérêt des usagers et du personnel.
Un regard neuf sur les pratiques et les usages de l'organisation
Sur le blog Diawan.com , le RE est décrit comme un document « généralement court, rédigé pour faire part d’une surprise, d’un sentiment d’incompréhension face à un événement ou une situation ». Le propre d'un RE est le caractère spontané des réflexions et des commentaires car il vise à recueillir les impressions et les sentiments de personnes qui sont face à une nouvelle situation comme un nouvel emploi par exemple. Sur le principe que les premières impressions sont parfois les plus justes et les plus durables (de la même façon que le premier bouquet d'un vin ou la première effluve d'un parfum laisse une trace plus forte dans la mémoire olfactive), il est considéré que les impressions et les commentaires rédigés de première main et livrés de façon spontanée et encore de façon désintéressé (c'est bien plus tard que les nouveaux venus vont apprendre à connaitre les jeux de pouvoir et d'influence qui font partie de la dymnamique de l'organisation) sont en général plus fraîches et plus fiables. Le but est de permettre aux nouveaux venus non seulement de s'investir dans l'organisation par leurs commentaires et leurs idées neuves mais de connaître leur perception sur les pratiques et les usages en cours. Utilisé comme outil d'intégration et d'accueil du nouveau personnel, le RE sert à identifier par les réactions de nouveaux venus ce qui, en termes de pratiques de gestion, d'organisation ou de culture institutionnelle a suscité le plus leur éronnement.
On fait aussi un RE après une session de formation, une réunion importante, ou pour rendre compte de ses impressions sur la tenue d'un congrès, d'un cours ou d'une session de travail, d'une conférence, d'un évènement social, littéraire, artistique, scientifique.
Il y a lieu toutefois de tenir compte des limites du RE. Chaque personne ayant sa propre expérience, un vécu et un parcours professionnel ou intellectuel ou émotionnel particulier, les réactions face au même évènement ou à la même situation ou encore à la même problématique, peuvent être tout à fait différentes d'une personne à une autre. La spontanéité aussi a e ses avantages et ses inconvénients. Le regard «neuf» risque d'être parfois un regard superficiel.
C'est pourquoi, il faut tenir en compte que cet exercice qui a ses qualités, ne serait-ce que par son caractère convivial et sans contrainte, a aussi ses limites. Appliqué comme moyen pour créer le sentiment d'adhésion du nouvel personnel à leur employeur, pour susciter son intérêt, pour solliciter de nouvelles idées et de nouvelles contributions, il peut aussi décevoir quand certaines conditions ne sont pas présentes.
«Je suis dans mon lit bien chaud, et soudain je fais partie d'un plan stratégique»*
Le RE peut aussi décevoir quand les attentes sont irréalistes, conséquence d'un regard trop rapide ou trop optimiste sur les choses. Et rien n'est pire pour la crédibilité de l'administration que quand les gens se rendent compte qu'on a mis la barre trop haute. Il faut garder en tête que dans les organisations, les contraintes de toutes sorte peuvent survenir et que souvent un grain de sable peut enrayer tout le processus. Les promesses irréalistes, parfois de tendance démagogique, formulées dans l'enthousiasme d'une promotion par un administrateur à l'égo un peu trop prononcé peuvent revirer aux dépens de celui-ci. Les dynamiques dans une organisation sont complexes, changeantes et imprévisibles. Dans un des chapitres de l'ouvrage Grandeur et décadence de la planification stratégique/The rise and fall of strategic planning: Henry Mintzberg cite l'exemple du roi dans le Petit Price De Saint Exupéry qui se vantait de pouvoir commander le soleil de se coucher et de se lever ...«à une certaine heure de la journée». Comme quoi, avis à ceux qui veulent changer le monde, un peu d'humilité ne fait jamais tort.
*Propos de Woody Allen reportés par Henry Mintzberg dans Grandeur et décadence de la planification stratégique/The rise and fall of strategeci planning: Henry Mintzberg; traduit de l'américain par Pierre Romelaer. Réédition. Paris : Dunod, c2004. 455 p. ISBN 2100082612. Compte-rendu de lecture par My Loan Duong, mai 2007
À lire aussi:
Intelligence économique et stratégie des entreprises. Rapport Henri MARTRE
Paris, La documentation française. France. Groupe Intelligence économique et stratégie des entreprises, 1994.
Intelligence économique. Les yeux les oreilles de l’entreprise. Bruno Martinet, Yves-Michel Marti. Éditions d’Organisation, c1995
Publié par © My Loan Duong
Un regard neuf sur les pratiques et les usages de l'organisation
Sur le blog Diawan.com , le RE est décrit comme un document « généralement court, rédigé pour faire part d’une surprise, d’un sentiment d’incompréhension face à un événement ou une situation ». Le propre d'un RE est le caractère spontané des réflexions et des commentaires car il vise à recueillir les impressions et les sentiments de personnes qui sont face à une nouvelle situation comme un nouvel emploi par exemple. Sur le principe que les premières impressions sont parfois les plus justes et les plus durables (de la même façon que le premier bouquet d'un vin ou la première effluve d'un parfum laisse une trace plus forte dans la mémoire olfactive), il est considéré que les impressions et les commentaires rédigés de première main et livrés de façon spontanée et encore de façon désintéressé (c'est bien plus tard que les nouveaux venus vont apprendre à connaitre les jeux de pouvoir et d'influence qui font partie de la dymnamique de l'organisation) sont en général plus fraîches et plus fiables. Le but est de permettre aux nouveaux venus non seulement de s'investir dans l'organisation par leurs commentaires et leurs idées neuves mais de connaître leur perception sur les pratiques et les usages en cours. Utilisé comme outil d'intégration et d'accueil du nouveau personnel, le RE sert à identifier par les réactions de nouveaux venus ce qui, en termes de pratiques de gestion, d'organisation ou de culture institutionnelle a suscité le plus leur éronnement.
On fait aussi un RE après une session de formation, une réunion importante, ou pour rendre compte de ses impressions sur la tenue d'un congrès, d'un cours ou d'une session de travail, d'une conférence, d'un évènement social, littéraire, artistique, scientifique.
Il y a lieu toutefois de tenir compte des limites du RE. Chaque personne ayant sa propre expérience, un vécu et un parcours professionnel ou intellectuel ou émotionnel particulier, les réactions face au même évènement ou à la même situation ou encore à la même problématique, peuvent être tout à fait différentes d'une personne à une autre. La spontanéité aussi a e ses avantages et ses inconvénients. Le regard «neuf» risque d'être parfois un regard superficiel.
C'est pourquoi, il faut tenir en compte que cet exercice qui a ses qualités, ne serait-ce que par son caractère convivial et sans contrainte, a aussi ses limites. Appliqué comme moyen pour créer le sentiment d'adhésion du nouvel personnel à leur employeur, pour susciter son intérêt, pour solliciter de nouvelles idées et de nouvelles contributions, il peut aussi décevoir quand certaines conditions ne sont pas présentes.
«Je suis dans mon lit bien chaud, et soudain je fais partie d'un plan stratégique»*
Le RE peut aussi décevoir quand les attentes sont irréalistes, conséquence d'un regard trop rapide ou trop optimiste sur les choses. Et rien n'est pire pour la crédibilité de l'administration que quand les gens se rendent compte qu'on a mis la barre trop haute. Il faut garder en tête que dans les organisations, les contraintes de toutes sorte peuvent survenir et que souvent un grain de sable peut enrayer tout le processus. Les promesses irréalistes, parfois de tendance démagogique, formulées dans l'enthousiasme d'une promotion par un administrateur à l'égo un peu trop prononcé peuvent revirer aux dépens de celui-ci. Les dynamiques dans une organisation sont complexes, changeantes et imprévisibles. Dans un des chapitres de l'ouvrage Grandeur et décadence de la planification stratégique/The rise and fall of strategic planning: Henry Mintzberg cite l'exemple du roi dans le Petit Price De Saint Exupéry qui se vantait de pouvoir commander le soleil de se coucher et de se lever ...«à une certaine heure de la journée». Comme quoi, avis à ceux qui veulent changer le monde, un peu d'humilité ne fait jamais tort.
*Propos de Woody Allen reportés par Henry Mintzberg dans Grandeur et décadence de la planification stratégique/The rise and fall of strategeci planning: Henry Mintzberg; traduit de l'américain par Pierre Romelaer. Réédition. Paris : Dunod, c2004. 455 p. ISBN 2100082612. Compte-rendu de lecture par My Loan Duong, mai 2007
À lire aussi:
Intelligence économique et stratégie des entreprises. Rapport Henri MARTRE
Paris, La documentation française. France. Groupe Intelligence économique et stratégie des entreprises, 1994.
Intelligence économique. Les yeux les oreilles de l’entreprise. Bruno Martinet, Yves-Michel Marti. Éditions d’Organisation, c1995
Publié par © My Loan Duong
samedi 7 mars 2009
L'indice de développement des TIC
Les trois critères servant à évaluer le niveau de développement, d'utilisation et d'exploitation des TIC dans une organisation,dans une institution, un service d'information, une bibliothèque, un centre de recherche, plus communément connu comme les indicateurs de développement des TIC portent sur 1/ l'accès aux TIC dans l'organisation (les ressources matérielles et l'infrastructure technologique offerts, i.e.les postes de travail, les prises électriques, les réseaux sans fil disponibles ou non, les logiciels, les outils et services disponibles etc...) 2/ le niveau de compétence des internautes/usagers en regard des TIC et 3/ la satisfaction en matière de réponse aux besoins documentaires des utilisateurs.
Renouveler l'exploitation des stocks
Dans les bibliothèques universitaires, ce niveau de développement de l'utilisation des TIC pose un défi énorme. Les observateurs de la révolution numérique y voient un enjeu pour la profession même des bibliothécaires-documentalistes qui ont désormais perdu désormais le monopole absolu de l'acquisition, de l'organisation et de la gestion des stocks qu'ils détenaient auparavant. Pour faire face à la concurrence suscitée par la privatisation de l'information grâce aux outils de la génération du WEB 2.0, pour reprendre Bertrand Calenge, «les bibliothécaires doivent jouer «sur un double registre: il faut prendre les gens comme ils sont et selon leurs usages et en même temps il faut leur apporter quelque chose de plus».
Prendre les gens comme ils sont dans un milieu universitaire d'une grande métropole nord-américaine comme Montréal où se côtoient quatre universités, c'est disons le franchement se mettre au diapason avec une population de jeunes instruits, ouverts sur le monde et possédant un haut niveau de compétences en regard de l'utilisation des TICs. Cette population s'attend évidemment à ce que l'infrastructure technologiques et les outils de communication et d'exploitation des données offertes par leur université rejoignent celles qu'ils connaissent et utilisent déjà.
* Nommé personnalité de l'Infodoc 2008, Archimag, n.220, décembre 2008-janvier 2009
Les TIC au Canada : constat préoccupant ?
Si on doit se fier au rapport publié récemment par l'Union internationale des télécommunications (UIT) qui a comparé l'évolution des technologies de l'information et des communications (TIC) dans 154 pays sur une période de cinq ans, soit de 2002 à 2007, la position du Canada est préoccupante. Dans le dernier numéro de la Direction Informatique, Alain Beaulieu rapporte qu'il ressort que le Canada « avec un indice de 6,34, le Canada se positionne au 19e rang du classement de l'UIT, seulement deux positions en arrière des États-Unis (6,44)» . Les onze indicateurs servent à établir cet indice UIT de développement des TIC tiennent compte l'accès aux TIC dans chaque pays, de leur utilisation, par leur population, de l'état des compétences dans le domaine des citoyens, du nombre de ménages ayant un ordinateur de la proportion des citoyens ayant accès à Internet et du taux d'alphabétisation de la population.
Cet exercice de comparaison de l'UIT montre que ce sont «les pays d'Europe de Nord sont les pays les plus avancés dans le domaine des TIC [...] Ainsi, on trouve en première position la Suède, dont l'indice atteint 7,50, suivi de la République de Corée (7,26), du Danemark (7,22), des Pays-Bas (7,14), de l'Islande (7,14) et de la Norvège (7,09) ». La corrélation entre le revenu national brut par habitant (à parité de pouvoir d'achat) et le degré d'adoption des TIC est clairement établi, on s'en doute bien mais il y a des exceptions car certains pays figurant en haut du classement comme le cas de la République de Corée qui affiche un degré d'adoption plus élevé que ce à quoi on aurait pu s'attendre, compte tenu de son niveau de revenu et ce qui est encourageant «en termes d'évolution, les auteurs du rapport notent une amélioration généralisée du niveau de développement des TIC dans tous les pays, sauf un (Myanmar), au cours des cinq dernières années.»
D'autre part, pour toutes sortes de raisons (instabilité politique, problèmes d'ordre structurel), certains pays ont fait de meilleurs progrès que d'autres. On note que des pays d'Europe de l'Est comme Les États baltes et la Roumanie font partie des pays qui ont progressé beaucoup dans ce domaine de même que le Luxembourg, les Émirats arabes unis, l'Irlande, Macao (Chine), le Japon, l'Italie et la France. Le Pakistan, l'Arabie saoudite, la Chine qui est passée de la 90e position à la 73e durant cette période et le Viet Nam, sont bien remontés dans le classement de l'UIT. Mais au niveau de l'accès aux TIC, ce qui couvre la téléphonie fixe et mobile, la largeur de bande Internet et les ménages ayant un ordinateur et une connexion Internet, les progrès sont les plus perceptibles mais par contre pour l'utilisation des TIC, qui inclut le nombre d'internautes et les connexions à large bande fixe et mobile, les progrès ont été plus lents.
Même si, comme le note l'auteur «l'indice du Canada ait augmenté entre 2002 et 2007lequel est passé de 5,33 à 6,34, son rang dans le classement de l'UIT a toutefois régressé de façon importante durant cette même période, passant de la 9e position à la 19e» .
Il appert que globalement l'ampleur et l'évolution de la fracture numérique mondiale,de cette fracture n'a pas vraiment changé entre 2002 et 2007. et c'est à Singapour et aux États-Unis que les TIC coûtent le moins cher.Il s'agit que déterminer si «le prix combiné du coût moyen de la téléphonie fixe, de la téléphonie mobile et de l'accès Internet à large bande » a beaucoup augmenté.
Dans le monde, en 2008 les prix des TIC représentaient, en moyenne, 15 % du revenu national brut moyen par habitant. Pour certains pays développés il représente la de 1,6 % du revenu national brut et monte à 20% pour les pays en développement. Ce qui montre clairement l'ampleur du fossé numérique entre les oays à faibles revenu et les pays riches. Notons que le Canada fait partie des trois pays où l'accès Internet à large bande coûte le moins cher avec les États-Unis et la Suisse, «alors que c'est à Hong Kong (Chine) que la téléphonie mobile coûte le moins cher.»
Publié par © My Loan Duong
Renouveler l'exploitation des stocks
Dans les bibliothèques universitaires, ce niveau de développement de l'utilisation des TIC pose un défi énorme. Les observateurs de la révolution numérique y voient un enjeu pour la profession même des bibliothécaires-documentalistes qui ont désormais perdu désormais le monopole absolu de l'acquisition, de l'organisation et de la gestion des stocks qu'ils détenaient auparavant. Pour faire face à la concurrence suscitée par la privatisation de l'information grâce aux outils de la génération du WEB 2.0, pour reprendre Bertrand Calenge, «les bibliothécaires doivent jouer «sur un double registre: il faut prendre les gens comme ils sont et selon leurs usages et en même temps il faut leur apporter quelque chose de plus».
Prendre les gens comme ils sont dans un milieu universitaire d'une grande métropole nord-américaine comme Montréal où se côtoient quatre universités, c'est disons le franchement se mettre au diapason avec une population de jeunes instruits, ouverts sur le monde et possédant un haut niveau de compétences en regard de l'utilisation des TICs. Cette population s'attend évidemment à ce que l'infrastructure technologiques et les outils de communication et d'exploitation des données offertes par leur université rejoignent celles qu'ils connaissent et utilisent déjà.
* Nommé personnalité de l'Infodoc 2008, Archimag, n.220, décembre 2008-janvier 2009
Les TIC au Canada : constat préoccupant ?
Si on doit se fier au rapport publié récemment par l'Union internationale des télécommunications (UIT) qui a comparé l'évolution des technologies de l'information et des communications (TIC) dans 154 pays sur une période de cinq ans, soit de 2002 à 2007, la position du Canada est préoccupante. Dans le dernier numéro de la Direction Informatique, Alain Beaulieu rapporte qu'il ressort que le Canada « avec un indice de 6,34, le Canada se positionne au 19e rang du classement de l'UIT, seulement deux positions en arrière des États-Unis (6,44)» . Les onze indicateurs servent à établir cet indice UIT de développement des TIC tiennent compte l'accès aux TIC dans chaque pays, de leur utilisation, par leur population, de l'état des compétences dans le domaine des citoyens, du nombre de ménages ayant un ordinateur de la proportion des citoyens ayant accès à Internet et du taux d'alphabétisation de la population.
Cet exercice de comparaison de l'UIT montre que ce sont «les pays d'Europe de Nord sont les pays les plus avancés dans le domaine des TIC [...] Ainsi, on trouve en première position la Suède, dont l'indice atteint 7,50, suivi de la République de Corée (7,26), du Danemark (7,22), des Pays-Bas (7,14), de l'Islande (7,14) et de la Norvège (7,09) ». La corrélation entre le revenu national brut par habitant (à parité de pouvoir d'achat) et le degré d'adoption des TIC est clairement établi, on s'en doute bien mais il y a des exceptions car certains pays figurant en haut du classement comme le cas de la République de Corée qui affiche un degré d'adoption plus élevé que ce à quoi on aurait pu s'attendre, compte tenu de son niveau de revenu et ce qui est encourageant «en termes d'évolution, les auteurs du rapport notent une amélioration généralisée du niveau de développement des TIC dans tous les pays, sauf un (Myanmar), au cours des cinq dernières années.»
D'autre part, pour toutes sortes de raisons (instabilité politique, problèmes d'ordre structurel), certains pays ont fait de meilleurs progrès que d'autres. On note que des pays d'Europe de l'Est comme Les États baltes et la Roumanie font partie des pays qui ont progressé beaucoup dans ce domaine de même que le Luxembourg, les Émirats arabes unis, l'Irlande, Macao (Chine), le Japon, l'Italie et la France. Le Pakistan, l'Arabie saoudite, la Chine qui est passée de la 90e position à la 73e durant cette période et le Viet Nam, sont bien remontés dans le classement de l'UIT. Mais au niveau de l'accès aux TIC, ce qui couvre la téléphonie fixe et mobile, la largeur de bande Internet et les ménages ayant un ordinateur et une connexion Internet, les progrès sont les plus perceptibles mais par contre pour l'utilisation des TIC, qui inclut le nombre d'internautes et les connexions à large bande fixe et mobile, les progrès ont été plus lents.
Même si, comme le note l'auteur «l'indice du Canada ait augmenté entre 2002 et 2007lequel est passé de 5,33 à 6,34, son rang dans le classement de l'UIT a toutefois régressé de façon importante durant cette même période, passant de la 9e position à la 19e» .
Il appert que globalement l'ampleur et l'évolution de la fracture numérique mondiale,de cette fracture n'a pas vraiment changé entre 2002 et 2007. et c'est à Singapour et aux États-Unis que les TIC coûtent le moins cher.Il s'agit que déterminer si «le prix combiné du coût moyen de la téléphonie fixe, de la téléphonie mobile et de l'accès Internet à large bande » a beaucoup augmenté.
Dans le monde, en 2008 les prix des TIC représentaient, en moyenne, 15 % du revenu national brut moyen par habitant. Pour certains pays développés il représente la de 1,6 % du revenu national brut et monte à 20% pour les pays en développement. Ce qui montre clairement l'ampleur du fossé numérique entre les oays à faibles revenu et les pays riches. Notons que le Canada fait partie des trois pays où l'accès Internet à large bande coûte le moins cher avec les États-Unis et la Suisse, «alors que c'est à Hong Kong (Chine) que la téléphonie mobile coûte le moins cher.»
Publié par © My Loan Duong
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